De loin, ils ont de faux airs de Robocop, le sourire en plus. Perchés sur des échasses urbaines en fibre de verre et aluminium, Sylvain, Guillaume et Martin transpirent sous leur armure: casque, coudières, genouillères et gants. Ils se sont rencontrés sur le forum de Rise Up, seule marque qui commercialise ces drôles d'objets arqués. Tous les dimanches, les trois copains se baladent dans le parc de la Tête d'Or, entre poussettes et vélos. Ce sont les pionniers, à Lyon, de ce nouveau sport des villes, inspiré par les prothèses du handisport et pratiqué en Allemagne depuis 2003.


échassier à Lyon
envoyé par 20Minutes

Ni mode de déplacement ni discipline d'exhibition, les échasses urbaines exigent souffle et résistance. En plus des courbatures, les chutes sont fréquentes. Les amateurs, des hommes principalement, recherchent avant tout des sensations. «Bondir au-dessus d'un banc, d'une petite voiture ou faire une course urbaine, ça pourrait être drôle», rêve Guillaume, autodidacte qui s'est mis au trampoline pour réussir ses saltos. «Regarde devant toi, tends les jambes, écarte les genoux», conseillait-il hier à une novice au parc de la Tête d'Or.

En ville, les échassiers se méfient depuis qu'une petite bande a essayé de les faire chuter, la semaine dernière, place Bellecour. «On ne veut pas devenir des cibles», prévient Sylvain. Conscients de la curiosité que suscite ce sport, ils souhaitent s'inspirer des Strasbourgeois, Nancéiens et Parisiens pour créer une association et éviter les mauvaises pratiques. «Il faut fixer ses propres limites», reconnaît Guillaume, qui s'est cassé un coude la première fois qu'il a chaussé ses échasses.

succès
Les échassiers urbains se retrouvent le dimanche à 14 h devant l’entrée du parc de la Tête d’Or, côté quai. La boutique le Cri du Kangourou vend en moyenne deux paires d’échasses urbaines par semaine, et le carnet de location est plein jusqu’à la fin du mois.

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