« Le BTP, ça ne les fait pas rêver. Ils connaissent les conditions de travail et le salaire... », confie une enseignante, qui participait hier, avec ses élèves à une visite de chantier organisée par le BTP du Rhône. Une campagne de séduction comme la fédération du département en organise depuis six ans, justement pour lutter contre ce genre d'idées reçues et susciter des vocations. Le secteur manque de main-d'oeuvre, ouvriers canalisateurs, maçons coffreurs, bancheurs et, désormais, les métiers de dépollution des sols et de recyclage des matériaux. Sous le crachin, les pieds enfoncés dans la boue du futur quartier Confluence, Alexi, Badis et Sofiane, en classe d'insertion à Henri-Becquerel (Décines), rigolent dans leur coin, oubliant d'écouter Frédéric Grelot, ingénieur de travaux qui conduit la visite. « Le béton sablé, mon père en fait », remarque Alexis, qui veut plutôt s'orienter dans la mécanique. « Ils vont mettre quoi comme magasins, là ? », interroge Mamoude, pointant le futur pôle de loisirs. « Ils sont gentils mais pas intéressés, regrette l'ingénieur. On essaye pourtant de faire comprendre que le métier avec la pelle et la pioche, c'est du passé. » Munis de gilets fluorescents et de casques de chantier, les adolescents traînent derrière celui qui s'évertue à décrire la pause des pierres en granit le long du bassin d'agrément, faisant même venir le coordinateur des travaux afin qu'il détaille les opérations. Ali, attentif : « Comment ça s'appelle cet engin ? Moi, ça me motive de voir des sites comme ça. Quand on travaille ici, on ne doit pas s'ennuyer. » Il s'y voit déjà.