A la pointe du Confluent, le ciel peine à s'éclaircir autour du « Nuage de cristal ». Deux ans après les premiers coups de pioche, la construction du futuriste musée des Confluences, projet phare du conseil général du Rhône, est arrêtée depuis le début du mois d'août. Déjà, l'an passé, le chantier avait du être suspendu plusieurs mois suite à un premier différend entre l'entreprise Bec Frères (groupe Fayat), chargée du gros oeuvre, et le cabinet d'architectes autrichien Coop Himmelb(l)au. Des tensions à répétition que la Serl, maître d'ouvrage du musée, explique par le mode de gouvernance innovant dit « de dialogue compétitif » choisi pour ce chantier. Ce dispositif place le constructeur à égalité avec l'architecte et oblige l'ensemble des acteurs à trouver une solution consensuelle dès lors qu'une difficulté apparaît. « Nous nous retrouvons à arbitrer un match de ping-pong auquel nous n'avons pas forcément voulu jouer », lance le président de la Serl, Jean-Luc Da Passano. « Nous avons voulu faire confiance aux entreprises. Cela s'est retourné contre nous. On ne le referait certainement pas aujourd'hui », poursuit le conseiller général. A cause de ces conflits, la construction du « Nuage de cristal », qui « pourrait reprendre dans les prochains jours », accumule les retards. Sa livraison, prévue initialement en 2008, puis en 2009, ne devrait finalement pas intervenir avant fin 2010. Et le coût du projet a explosé. Il est aujourd'hui estimé à plus de 161 millions d'euros, contre 109 millions en 2004.