Les greffes de poumons redonnent espoir aux malades de la mucoviscidose. A la veille de leurs vingt ans de transplantations pulmonaires et cardiopulmonaires, les pneumologues de l'hôpital Louis-Pradel (Bron) ont dressé hier un bilan de ces dernières décennies, marquées par une amélioration des techniques chirurgicales et des médicaments antirejet. Depuis 1988, 210 interventions de ce type ont été réalisées sur des patients présentant de graves incapacités respiratoires. « Des malades atteints d'une fibrose du poumon, une maladie rare, d'un emphysème pulmonaire [destruction des poumons] ou d'une mucoviscidose, qui dilate et infecte les bronches », précise Jean-François Mornex, pneumologue à Louis-Pradel. Dans ces derniers cas, pour lesquels l'espérance de vie ne dépasse guère 25 ans, la greffe des poumons reste la seule chance de survie. Même si, près de la moitié des patients décèdent dans les deux ans suivant la transplantation.
Pour tous les autres, comme Olivier, 22 ans, atteint d'une mucoviscidose et greffé des poumons il y a deux ans, « c'est une renaissance ». « Depuis, je sors avec mes amis, je vais en boîte et surtout, je peux respirer », ajoute-il. Clémence, 17 ans, souffre du même mal et a été greffée en novembre 2006. « J'ai retrouvé la vie normale d'une fille de mon âge, alors qu'avant j'étais sous oxygène, je ne mangeais plus et ne sortais plus », raconte-elle. Patrick, 49 ans, est le plus ancien greffé cardio-pulmonaire à Lyon. Dix-neuf ans plus tard, celui qui « n'avait jamais respiré normalement jusqu'à son intervention», « a fondé une famille » et avale jusqu'à 350 km de vélo par semaine. Un espoir pour les seize patients en attente de greffes à Louis-Pradel.