• Soupçonné de viols et d’agressions sexuelles, Morad Aggoun s’était vu retirer ses délégations à la mairie de Vaulx-en-Velin début 2016…
  • L’homme, accusé par deux employées de la Ville, avait été placé en détention provisoire pendant quatre mois l’an passé.
  • L’élu, présumé innoncence en l’attente d’un éventuel procès, est autorisé à siéger dans le cadre de ses missions d’élu.

Sur le plan juridique, rien ne l’empêche de siéger au conseil de la Métropole de Lyon. Mais il était toutefois peu probable que sa présence passe inaperçue et ne donne pas lieu à quelques protestations. Mardi, les élus(e) s communistes et féministes de Vaulx se sont indignés du retour à leurs côtés de Morad Aggoun, un ancien adjoint de Vaulx-en-Velin, soupçonné de viols et d’agressions sexuelles sur des employées municipales.

« Dans le contexte actuel, où nous connaissons une mobilisation massive contre les violences faites aux femmes, avec une libération de paroles sans précédent, Morad Aggoun, ancien adjoint au personnel et au logement de la ville de Vaulx-en-Velin (…) revient siéger à la Métropole. C’est une insulte aux droits des femmes, c’est indigne d’un élu de la République », dénonce le Parti communiste.

>> A lire aussi : Lyon: Accusé de viol, l'adjoint vaudais Morad Aggoun officiellement démis de ses fonctions

Quatre mois en détention provisoire

En janvier 2016, cet élu PRG avait en effet été mis en examen et incarcéré à la prison de Lyon-Corbas, après la plainte déposée par une employée municipale. L’homme, qui a toujours nié les faits qui lui sont reprochés, avait alors passé quatre mois en détention provisoire avant d’être remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire au printemps 2016.

Le quadragénaire, également accusé par une autre employée municipale de faits similaires, est placé sous statut de témoin assisté dans cet autre volet de l’affaire.

A l’époque, la maire (PS) de Vaulx-en-Velin, Hélène Geoffroy, alertée par l’une des deux victimes présumées, avait incité la plaignante à saisir la justice. Peu après sa mise en examen, Morad Aggoun s’était vu retirer ses délégations à la mairie. Mais il reste conseiller municipal et peut, de ce fait, continuer à siéger à Vaulx-en-Velin et à la Métropole de Lyon.

« Aucun outil pour l’empêcher de siéger »

Si depuis sa sortie de prison, l’homme n’a fait aucune apparition au conseil de Vaulx, il a recommencé à siéger en septembre au conseil du Grand Lyon. Une situation inacceptable pour les communistes et féministes de Vaulx-en-Velin qui demandent à Hélène Geoffroy et au président de la métropole « de prendre leurs responsabilité ».

« La présomption d’innocence prévaut. Il est mis en examen mais il n’est pas condamné. Nous n’avons donc aucun outil pour l’empêcher de venir siéger », indique-t-on à la métropole de Lyon. A la Ville de Vaulx-en-Velin, où l’affaire a marqué les esprits, la réponse est du même acabit.

« Il n’est pas présent lors des conseils municipaux mais il reste conseiller. Il n’a pas été jugé, la maire n’a aucun pouvoir de le démissionner. C’est Morad Aggoun lui-même que les élus communistes devraient interpeller », réagit-on dans l’entourage d’Hélène Geoffroy.

Contactée par 20 Minutes, l’avocate de Morad Aggoun n’était pas joignable ce mercredi. Citée dans les colonnes du Progrès, Florence Vincent a déclaré : « Rien n’interdit à mon client de siéger à la Métropole. Il respecte les obligations de son contrôle judiciaire. »