Lyon: Dix membres d'une bande surnommée la «French Connection» interpellés à la Duchère

POLICE Ils sont notamment soupçonnés d'être à l'origine d'une rixe devant un lycée d'Ecully, au cours de laquelle trois lycéens ont été passés à tabac...

Caroline Politi

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Une vaste opération de police a eu lieu à Lyon.

Une vaste opération de police a eu lieu à Lyon. — GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

  • Dix membres de « La French Connection » ont été interpellés jeudi, à Lyon.
  • Tous sont soupçonnés d’avoir semé la terreur dans le quartier sensible de la Duchère, depuis près d’un an et demi.
  • Vendredi dernier, une violence bagarre éclate devant un lycée et l’analyse des images de vidéosurveillance permet de déclencher une opération de police. Des membres de la bande se trouvent parmi les interpellés.

Ils s’appelaient entre eux « La French Connection ». Dix membres de cette bande, dont sept mineurs, ont été interpellés jeudi au petit matin, dans le quartier sensible de la Duchère, à Lyon, lors d’une vaste opération de police. Âgés de 15 à 25 ans, ces jeunes hommes sont soupçonnés d’avoir semé la terreur dans le quartier depuis près d’un an et demi. Troubles à l’ordre public, dégradations, menaces… Une onzième personne est actuellement recherchée.

Rodéos et barbecues sur la voie publique

« Il s’agit d’une bande constituée qui se revendique en tant que tel, assure la commissaire divisionnaire Marianne Charret-Lassagne, chef de la sûreté départementale du Rhône. Ils se vantent de vouloir reprendre le contrôle de leur quartier. » Les premières alertes ont émané il y a un an et demi lors de réunions avec les acteurs socio-économiques de cette zone de sécurité prioritaire.

Au départ, les riverains se plaignent d’une multiplication des incivilités, notamment des injures et des tags. « Assez rapidement, cette bande a accentué sa visibilité. Ils organisent des rodéos en pleine rue ou même des barbecues sur la voie publique », poursuit la commissaire divisionnaire.

Une rixe devant un lycée et interpellations en série

La salle principale de la MJC du quartier est dégradée, tout comme la bibliothèque. Les commerçants affirment subir des vols, des dégradations de leur façade, des menaces. Pourtant les plaintes tardent à venir. « C’est une bande qui terrorisait le quartier, insiste Marianne Charret-Lassagne. Dès que des riverains élevaient la voix pour protester ils se faisaient insulter ou menacer. Pendant plus de six mois, ils ont préféré se taire par peur des représailles. »

L’enquête a pris un nouveau tournant vendredi 29 septembre à la suite d’une rixe qui a failli tourner au drame à Ecully, une commune qui jouxte le 9e arrondissement de Lyon. A l’origine, pourtant, le motif est dérisoire : une bousculade involontaire dans un lycée professionnel. « Les premiers éléments de l’enquête nous laissent penser que le lycéen bousculé a appelé son grand frère qui fait justement partie de cette bande », poursuit la commissaire divisionnaire.

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A midi, une quinzaine de jeunes hommes, parmi lesquels les membres de la « French Connection », attendent les trois lycéens à l’origine de la bousculade. Les vidéos de caméra surveillances montrent que certains sont porteurs de clés à pipe, de matraques télescopique et de couteaux.

Le sentiment de jouer au football en prenant « sa tête pour un ballon »

Les lycéens visés sont la cible d’un véritable déchaînement de violence. Selon la chef de la sûreté départementale, l’un des interpellés aurait confié avoir eu le sentiment de jouer au football en prenant « sa tête pour un ballon ». L’un des ados parvient à échapper de justesse à un coup de couteau au niveau de la carotide. « Les membres de cette bande ont un sentiment d’impunité, assure Marianne Charret-Lassagne. Ils ne nient pas leur présence sur les lieux mais ont simplement eu le sentiment de participer à une bagarre ».

C’est l’analyse des images de vidéosurveillance qui a permis de déclencher l’opération de police. Parmi les dix interpellés, seuls trois mineurs sont inconnus des services de police. Les autres sont connus violences, dégradations, vols en réunion. Tous ont été déférés ce vendredi et devraient être présentés dans la soirée à un juge d’instruction.