Face à la polémique, l’université Lyon 2 annule un colloque sur l’islamophobie

ISLAM La présidence de la fac estime que les « conditions n’étaient pas réunies pour garantir la sérénité » des débats…

20 Minutes avec AFP

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L'université Lyon 2 a annulé un colloqué prévu le 14 octobre sur islamophobie après une vive polémique née sur les réseaux sociaux autour de l'événement. Illustration

L'université Lyon 2 a annulé un colloqué prévu le 14 octobre sur islamophobie après une vive polémique née sur les réseaux sociaux autour de l'événement. Illustration — Konrad/ Sipa

Face à la polémique grandissant sur le net, l'université a préféré renoncer. La présidence de Lyon 2 a décidé d'annuler un colloque sur l'islamophobie qui devait se tenir le 14 octobre, «les conditions n'étant pas réunies pour garantir la sérénité des échanges», a-t-elle indiqué mardi.

Ce colloque, dont le thème était «Lutter contre l'islamophobie, un enjeu d'égalité ?», a suscité une polémique sur les réseaux sociaux, certains mettant en cause la participation de membres du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) et de la Coordination contre le racisme et l'islamophobie (CRI).

La Licra et le Comité Laïcité République (CLR) ont pour leur part dénoncé dans un communiqué commun «un colloque laïcophobe» tandis que le cofondateur du Printemps républicain, le politologue Laurent Bouvet, parlait dans un tweet de «colloque plein d'intervenants islamistes sous couvert académique».

La présidence soutient les intervenants qui devaient participer

Pour expliquer sa décision, la présidence de l'université Lumière Lyon 2 indique que les conditions ne sont «pas réunies pour garantir la sérénité des échanges et le bon déroulement des débats autour de la question de l'islamophobie et de ses enjeux politiques».

La présidence assure apporter «tout son soutien» à la chaire «Égalité, Inégalité, Discriminations» et à l'Institut supérieur d'étude des religions et de la laïcité (ISERL), co-organisateurs du colloque, ainsi qu'à l'ensemble des universitaires qui avaient accepté d'y participer.

«Ces échanges trouveront à l'évidence d'autres formes d'expression et de mise en débat» afin de prolonger «la réflexion scientifique» menée par les enseignants-chercheurs sur la place de l'Islam dans la société, souligne la présidence. Elle compte également, écrit-elle, approfondir ces échanges avec la société civile.

Parmi les intervenants, devaient figurer Abdelaziz Chaambi, président de la CRI, membre de la Commission islam et laïcité, David Friggieri, coordinateur à la Commission européenne chargé de la lutte contre la haine antimusulmane, François Burgat, politologue, directeur de recherche au CNRS ou encore Karima Dirèche, historienne, directrice de recherche au CNRS. Une communication de Jean-Louis Bianco, président de l'Observatoire de la laïcité, devait également être lue.

Une journée d'étude avait eu lieu en mars dernier

Ce colloque était présenté comme «une réponse au contexte ouvert en France par l'assassinat des journalistes de Charlie Hebdo en janvier 2015 et marqué ensuite par une série d'attentats perpétrés au nom d'organisations terroristes se réclamant de l'islam».

En mars 2016, une première journée d'études sur le thème «Islamophobie, le poids des mots, la réalité des maux», en partenariat avec l'ISERL, s'était déroulée à Lyon 2.