VIDEO. Disparition de Maëlys : «Manipulateur», «violent», la personnalité du suspect intrigue de plus en plus

ENQUETE Au fil des jours, les éléments apportés au long de l’enquête renforcent les soupçons pesant sur Nordhal L., le principal suspect…

Caroline Girardon

— 

Le propriétaire d'un bar de la région de Pont-de-Beauvoisin affiche en vitrine l'avis de recherche de Maëlys, fillette de 9 ans disparue dans la nuit de samedi à dimanche.

Le propriétaire d'un bar de la région de Pont-de-Beauvoisin affiche en vitrine l'avis de recherche de Maëlys, fillette de 9 ans disparue dans la nuit de samedi à dimanche. — AFP

  • Maëlys, 9 ans, a disparu dans la nuit du 26 au 27 août.
  • Les anciennes petites amies de Nordhal L., le principal suspect, interrogées par les enquêteurs, ont dressé le portrait d’un homme manipulateur et violent.
  • Le suspect a été transféré dans une autre prison suite à des menaces de mort d’autres détenus.

A chaque jour, un nouvel élément qui ne cesse de renforcer les soupçons sur Nordahl L. L’enquête menée par les gendarmes n’a pas encore permis de retrouver la petite Maëlys, disparue dans la nuit du 26 au 27 août lors d’un mariage à Pont-de-Beauvoisin, en Isère. Mais leur conviction concernant l’implication du suspect dans la disparition de l’enfant, ne cesse de croître. La personnalité de l’ancien militaire et son comportement durant la soirée intriguent de plus en plus.

Un homme qui fuyait les gendarmes. Avant d’être placé en garde à vue et mis en examen pour « enlèvement et séquestration d’un mineur de 15 ans », Nordhal L., 34 ans, avait été repéré par les enquêteurs. Ces derniers l’ont pris en filature. Mais l’ancien militaire, qui s’était aperçu de leur présence, a tenté de les semer, révèle France Info. Reste à savoir pour quelles raisons l’homme a voulu fuir. Par peur d’être arrêté pour avoir vendu de la drogue lors du mariage ? Ou parce qu’il se doutait que les gendarmes remonteraient jusqu’à lui en cherchant la fillette ?

Autre élément intriguant dans l’emploi du temps du suspect : ses absences répétées lors de la soirée de mariage. Si dans un premier temps, l’homme avait concédé avoir effectué un seul aller-retour au domicile de ses parents pour changer de vêtement car son short était taché de vin, les enquêteurs ont rapidement compris qu’il avait menti.

>> A lire aussi : VIDEO. Disparition de Maëlys: Les éléments accablant le principal suspect se multiplient

Le trentenaire aurait quitté les convives à trois reprises et s’est éclipsé juste avant l’arrivée des gendarmes. Son second téléphone portable (dont il avait caché l’existence aux gendarmes), qui aurait été basculé en mode avion plusieurs fois dans la soirée, a été localisé à trois reprises à des horaires différents. A chaque fois c’était « loin » de la salle des fêtes. Mais l’homme a avancé l’explication suivante : il était parti rechercher de la cocaïne pour les invités, drogue qu’il a lui même consommé. Enfin, la ligne de ce second téléphone a été résiliée juste après le mariage.

Un « manipulateur » « violent ». S’il n’en fallait guère plus pour que l’étau se resserre autour du suspect, les dernières confidences de ses anciennes compagnes ne plaident pas en sa faveur. Interrogées par les enquêteurs de Grenoble, les jeunes femmes ont dressé un portrait sans concession, évoquant un homme « manipulateur », « menteur » et « violent ».

L’ancien militaire aurait souvent perdu les pédales lors de ses ruptures amoureuses, dévoile Le Dauphiné Libéré. Ne supportant pas la séparation, il aurait alors traqué et harcelé ses concubines qui ont toutes raconté la même chose. Il serait allé jusqu’à les suivre en voiture pour essayer de les percuter. L’une d’entre elles a même expliqué qu’elle avait été emmenée dans les bois « pour s’expliquer » et qu’elle avait paniqué, pensant ne pas ressortir vivante.

Selon France Info, le suspect les obligeait également à « faire certaines choses et les filmait sans leur consentement ». Les vidéos de ces ébats étaient ensuite postées sur Internet.

Proche des enfants mais moins des mariés. Le suspect ne semblait pas si lié que cela aux mariés. Il ne figurait pas sur la liste des invités mais aurait insisté pour s’incruster à la noce. Il aurait finalement été convié au vin d’honneur, rapporte Paris Match. En échange, il aurait promis d’apporter de la cocaïne après le dessert. Son comportement au cours de la soirée aurait interpellé plusieurs invités.

L’homme se serait rendu plusieurs fois dans la salle où dormaient les enfants, sous l’œil de la baby-sitter. Il aurait alors discuté à plusieurs reprises avec Maëlys lui montrant des photos de son chien sur son téléphone portable. Mais surtout, au moment où les convives ont commencé à chercher l’enfant, lui aurait filé aux toilettes, prétextant avoir envie de vomir à cause de l’alcool. L’un des invités a pourtant remarqué à ce moment-là qu’il faisait semblant.

>> A lire aussi : Disparition de Maëlys: le frère du suspect le croit « innocent à 100 % »

Un suspect qui se mure dans le silence. Depuis sa garde à vue, où il a livré des versions contradictoires, le trentenaire n’a pas été entendu de nouveau par les enquêteurs. Transféré au centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier après des menaces de mort de la part de détenus de Grenoble, il n’a pas demandé non plus à être réinterrogé. Son ancien avocat Bernard Méraud a été mis sur la touche, Nordahl L. ayant désormais fait appel à Alain Jakubowitcz pour le défendre. Ce dernier ne souhaite actuellement pas s’exprimer sur le dossier.

Combien de temps peut-il rester en détention provisoire ? « Un suspect n’est jamais incarcéré sans preuves, ni sans avoir été mis en examen au préalable. Et lorsqu’il y a mis en examen, c’est que l’on dispose d’indices et de faits qui renforcent de fortes présomptions pesant déjà sur le suspect », indique le syndicat de la magistrature. « La détention provisoire n’est pas limitée dans le temps », ajoute un avocat.

Nordhal L. pourra sortir de prison si son avocat en fait la demande auprès du juge des libertés et des détentions. Ce dernier peut refuser. Il peut aussi décider lui-même de le libérer quand il l’estimera opportun. Il peut aussi également choisir de le faire sortir de détention avec un bracelet électronique. « Mais il peut rester en prison aussi longtemps que durera l’instruction. C’est ce qui aujourd’hui semble le plus envisageable », suggère une source proche du dossier.