OL: Sur les traces du «gros morceau» Tanguy Ndombele, d’Epinay-sous-Sénart à Amiens

FOOTBALL Traoré, Mariano Diaz, Marcelo ? Et si le vrai superbe coup du mercato estival lyonnais était en fait ce milieu de terrain de 20 ans encore méconnu…

Jérémy Laugier

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A 20 ans et pour sa première en L1 avec l'OL, Tanguy Ndombele a montré dimanche qu'il ne faisait aucun complexe face au PSG de Julian Draxler. CHRISTOPHE SIMON

A 20 ans et pour sa première en L1 avec l'OL, Tanguy Ndombele a montré dimanche qu'il ne faisait aucun complexe face au PSG de Julian Draxler. CHRISTOPHE SIMON — AFP

  • Le grand public a clairement été bluffé dimanche face à la prestation XXL de Tanguy Ndombele, dès sa première apparition en Ligue 1 sous le maillot lyonnais.
  • «20 Minutes» a tenu à en savoir davantage sur cette pépite de 20 ans, auprès de ses amis d’Epinay-sous-Sénart et de son ancien coach à Amiens Christophe Pélissier.

En regardant PSG-OL (2-0) dimanche à la télévision, Ricardo Faty (31 ans) a eu du mal à reconnaître son jeune voisin d’enfance Tanguy Ndombele. « J’avais encore l’image d’un petit garçon assez frêle qui réalisait ses premiers dribbles sur la place du marché d’Epinay-sous-Sénart », sourit l’actuel milieu de Bursaspor (Turquie). C’est dans cette commune de l’Essonne que la révélation lyonnaise du week-end a écrit le premier chapitre de sa fulgurante ascension.

« Comme il suivait tout le temps son grand frère Bosso, il a dès le début joué au foot face à des gars ayant cinq ans de plus que lui, explique Julien Faty, frère cadet de Ricardo et resté proche de Tanguy Ndombele. On ne lui a pas fait de cadeau bien longtemps car il a depuis tout petit cette prise de balle lui permettant de casser des lignes. » Celle-là même qui a bluffé le Parc des Princes, tant le nouvel international Espoirs (20 ans) a semblé facile pour sa première titularisation avec l’OL.

Malade lors d’un essai avec le FC Nantes à 12 ans

Non conservé au centre formation de Guingamp à 17 ans, c’est à Amiens que ce milieu de terrain polyvalent a rebondi en 2014. « Le club était alors en National donc ça ne faisait pas rêver, précise Julien Faty. Mais cette fin brutale avec Guingamp, qui n’avait rien à voir avec son niveau, l’a fait progresser mentalement. Sa trajectoire ne serait peut-être pas la même s’il était resté là-bas. »

Il ne s’agissait pas de sa première déception dans sa quête du haut niveau depuis le plus jeune âge. A 12 ans, Tanguy Ndombele avait notamment obtenu un essai avec le FC Nantes. « Je jouais alors à Nantes donc il était venu manger chez moi, se souvient Ricardo Faty. Il avait vomi juste avant cette détection et n’avait donc pas pu donner le meilleur de lui-même. Peut-être que Nantes l’a raté à cause de sa maladie ce jour-là. »

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Capable d’un incroyable coup du foulard pour terrasser Lens

Des coups du sort qui expliquent en partie que le natif de Longjumeau se soit forgé une carapace. « C’est vraiment quelqu’un de discret et d’introverti. Il garde tout en lui. Même nous, on ne sait parfois pas trop ce qu’il pense », assure Julien Faty. Artisan majeur de la montée en Ligue 1 la saison passée (2 buts et 7 passes décisives en 27 matchs de championnat), il n’avait pas manqué de se faire remarquer par ses adversaires en L2.

« Il avait bougé la hiérarchie en peu de temps à Amiens. Un joueur box to box comme lui, c’est forcément hyper intéressant. Quand on voit ses débuts dimanche, on sent qu’il est en train de passer à l’échelon supérieur sans aucun problème », décrypte le défenseur sochalien Florent Ogier, qui a subi un doublé de l’intéressé le 5 mai (1-2). Ses deux seuls buts jusque-là chez les pros. Car si Tanguy Ndombele a sans surprise suscité des convoitises de plusieurs clubs européens cet été, c’est surtout grâce à son activité et à sa qualité de passes, comme sur cet incroyable coup du foulard décisif en janvier contre Lens (2-1).

« Pas un coup de dernière minute foireux »

Et si la plus belle opération lyonnaise de l’été avait donc été réalisée le 31 août, au bout du mercato ? « Je ne sais pas si Tanguy est le meilleur coup de l’été à l’OL mais en tout cas, ce n’est sûrement pas un coup de dernière minute foireux », confie Christophe Pélissier, son ancien entraîneur en Picardie, « pas du tout surpris » par ses fracassants débuts aux côtés de Lucas Tousart.

« Tout Epinay m’a toujours dit que c’était un gros morceau, insiste Ricardo Faty. Ça peut être un sacré facteur X en L1. Même si je m’attendais à le voir connaître une saison d’acclimatation dans l’élite avec Amiens, Lyon a eu raison de vouloir devancer la concurrence. » « Il fallait parier dès maintenant sur lui car vous allez voir qu’il n’était pas encore à 100 % physiquement contre Paris. Il peut passer un palier supplémentaire », complète Julien Faty.

« Comme il vient de le démontrer dimanche, la charge émotionnelle n’a aucune portée sur lui. Il ne se pose jamais de questions sur un terrain. Par contre, c’est sûr que ce n’est pas quelqu’un d’exubérant et qu’il peut vite se braquer ou se vexer. »

Dans ce concert de louanges, Christophe Pélissier a même trouvé un autre petit défaut à son ex-milieu, auteur d’une frappe monstrueuse sur la transversale d’Alphonse Areola dimanche : « Je l’ai un peu branché en l’incitant à enfin cadrer ses tentatives car il avait déjà touché deux fois les montants avec nous contre Saint-Etienne ».