Vaccins obligatoires: «L'Etat n'a pas à imposer pour la santé de nos enfants»

SANTE «20 Minutes» s'est rendu à Ardoix (Ardèche) où six cas groupés de rougeole ont été recensés cet été...

Elisa Frisullo

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Le 11 septembre à Ardoix en Ardèche où six cas groupés de rougeole se sont déclarés cet été.

Le 11 septembre à Ardoix en Ardèche où six cas groupés de rougeole se sont déclarés cet été. — E.Frisullo / 20 Miinutes

  • Six cas groupés de rougeole se sont déclarés cet été dans ce village d'Ardèche, un département où la couverture vaccinale est faible.
  • Cet épisode épidémique n’a pas eu d’impact sur les habitants les plus opposés à la vaccination.

Cet été, Ardoix, un paisible village du nord de l’Ardèche, a fait parler de lui suite à l’apparition de six cas groupés de rougeole survenus chez des adultes et des enfants. Les malades, hors de danger aujourd’hui, n’étaient pas vaccinés. Pour lutter contre la réapparition de foyers épidémiques, « le seul traitement efficace existant est la vaccination », rappelle l’agence régionale de santé (ARS) Auvergne Rhône-Alpes. Pour éviter la survenue de cas de rougeole, 95 % de la population doit être vaccinée, précise l’ARS.

En France, la couverture vaccinale globale est de 80 % avec des disparités observées dans certains secteurs, où l’opposition aux injections préventives est plus forte qu’ailleurs. L’Ardèche (71 %) fait partie des départements les plus récalcitrants aux vaccins pour l’heure non obligatoires, comme celui de la rougeole, de la rubéole et des oreillons.

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Une opposition plus ou moins vive dont quelques habitants d’Ardoix ne se cachent pas. Dans ce village perché de 1.200 âmes, les récents cas de rougeole passés presque inaperçus en raison des vacances scolaires, semblent avoir eu peu d’impact sur les familles les plus frileuses sur la question.

Une opposition liée à la crainte d’effets secondaires

« Je ne suis pas certaine que les vaccins soient la seule réponse à la réapparition de ces vieilles maladies. Il y a aussi l’hygiène alimentaire et la pollution environnementale qui doivent jouer. Alors, en dehors des trois vaccins obligatoires, je n’ai rien fait d’autre pour mon fils », confie Amandine, une mère de famille de 38 ans croisée à la sortie de l’école située à l’entrée du village.

Son opposition vient principalement de la crainte des effets secondaires. « Les vaccins qu’on nous a faits enfant, on connaît, on a du recul. Mais pour d’autres, j’ai vraiment peur des effets secondaires. Je ne sais pas si les conséquences sur les tout-petits sont vraiment mesurées ».

Stéphanie n’a pas l’air beaucoup plus convaincue. Cette mère a elle aussi fait vacciner ses trois garçons contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite, les seuls obligatoires. « Nous n’avons pas le choix dès lors qu’ils sont scolarisés. Mais je ne suis pas pour les survacciner », explique-t-elle, un peu méfiante, en référence aux onze vaccins que l’Etat a décidé d’imposer à compter du 1er janvier. « Déjà qu’avec trois, c’est compliqué de gérer les rappels pour chaque enfant, alors avec onze vaccins… », soupire-t-elle.

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« C’est un phénomène de mode d’être anti-vaccins »

Amandine s’interroge sur le bien-fondé cette mesure. « C’est pour satisfaire le lobby pharmaceutique. A croire qu’ils ont des vaccins à écouler. Mais franchement, ce n’est pas à l’Etat d’imposer pour la santé de nos enfants. En tant que parents, nous en sommes responsables », s’agace la jeune femme, qui se dit prête à faire acte de rébellion pour certains vaccins.

Une opposition que ne comprend pas vraiment Christian, un papa de 37 ans. « C’est un phénomène de mode d’être anti-vaccins. On a tous été vaccinés gamins et je le fais avec mes enfants pour les protéger. Les gens font ce qu’ils veulent tant que cela ne vient pas toucher mes petits », ajoute cet Ardéchois.

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Pour éviter la survenue d’autres cas de rougeole, l’ARS compte profiter de cette période de rentrée scolaire pour « rappeler aux familles les recommandations vaccinales et inciter ceux qui ne l’auraient pas déjà fait à se faire vacciner ». Un message qui n’est visiblement pas encore passé à Ardoix, où à l’école aucune information sur ce sujet n’a encore été transmise aux parents.