Bans publics pour mariages mixtes

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Publié le 14 février 2008.

Une cérémonie symbolique et « militante ». Le collectif des « amoureux au ban public » met en scène ce soir les mariages fictifs d'une dizaine de couples mixtes. « Il s'agit de mettre un coup de projecteur sur ces étrangers en couple avec des Français, qui vivent des situations administratives de plus en plus insupportables », dénonce la Cimade, association qui a créé le collectif des « amoureux ».

Florence (1), juriste à Vaulx-en-Velin, a fait l'an dernier une demande de mariage à Villefontaine (Isère). Et, à défaut du maire, c'est devant la police que son compagnon algérien s'est retrouvé. « Le mariage n'est pourtant pas soumis à la régularité des gens », rappelle la Cimade. « Mais aujourd'hui, une enquête est presque systématiquement ouverte dès qu'une des personnes du couple est étrangère, en situation irrégulière ou non », constate Sandrine Pedro-Rodriguez. Avocate à Lyon, elle vient de créer un groupe de travail spécifique, au sein de la commission des droits des étrangers. « Mais il ne faut pas croire qu'après le mariage, la galère s'arrête », ajoute Béatrice. Enceinte de neuf mois, elle est restée la journée de lundi à la préfecture avec Medoune, son mari sénégalais, pour l'obtention d'un troisième titre de séjour. « Je dois l'accompagner pour justifier de notre union. On a le sentiment d'être des criminels », résume-t-elle. Ce soir, plusieurs élus de la gauche joueront les témoins des couples. « Aucun élu UMP n'a répondu à l'invitation », précise la Cimade, qui traite en ce moment les dossiers de 70 couples mixtes à Lyon.

Dalya Daoud - ©2008 20 minutes
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