Grand déballage hier soir au musée des Beaux-Arts de Lyon (1er), où La Fuite en Egypte a été délicatement sorti de sa caisse, et accroché sous des salves d'applaudissements. Ce tableau, peint par Nicolas Poussin en 1657 et classé Trésor national depuis 2004, a été acheté à une famille versaillaise pour 17 millions d'euros, grâce à une opération de mécénat unique en France.
«Le tableau avait été commandé par Jacques Serisier, un soyeux lyonnais fanatique des oeuvres de son ami Poussin», raconte Sylvie Ramond, directrice du musée des Beaux-Arts. Et c'est ce lien particulier avec Lyon qui a permis à un musée régional de récupérer l'oeuvre, avec le soutien d'entreprises dont douze acteurs économiques lyonnais.
Pour l'ensemble, l'objectif a été de «participer au rayonnement culturel de la ville», avec l'aide notable d'un avantage fiscal à hauteur de 90%, dû au statut de Trésor national de l'oeuvre. «Nous avons donné 70.000 euros et, déduction fiscale faite, cela devient une excellente opération de communication pour seulement 7.000 euros», explique le cabinet d'expertise rhodanien Bonnet, unique PME sur la liste des seize mécènes privés. Le musée du Louvre, la ville de Lyon, la région Rhône-Alpes et l'Etat ont également participé à l'opération, empêchant ainsi que ce tableau parte sur le marché américain.
La Fuite en Egypte, qui représente Marie, Joseph et l'enfant Jésus quittant la Palestine, devrait permettre de dynamiser la fréquentation des collections permanentes au musée des Beaux-Arts, souvent dénigrées par les visiteurs.