La ministre de la Justice, Rachida Dati, a estimé samedi que le placement dans un établissement pénitentiaire pour mineur (EPM) du garçon de 16 ans, qui s'est suicidé le 2 février à l'EPM de Meyzieu, était, « compte tenu des éléments de son passé judiciaire, tout à fait fondé ». Venue visiter l'EPM et « rendre hommage au professionnalisme, au dévouement et à l'engagement au service de la justice » du personnel de l'établissement, la garde des Sceaux a rappelé que l'adolescent avait été envoyé à Meyzieu « suite à une décision de justice ». Elle répondait ainsi au père de Julien qui a contesté le maintien de son fils dans cette structure malgré de précédentes tentatives de suicide. « Il avait été condamné à un mois de prison à cause de petits incidents, ce n'était pas Al Capone. Sa peine aurait dû être transformée, comme c'est souvent le cas, en travaux d'intérêt général. Julien n'aurait pas dû être incarcéré », expliquait vendredi Alain Fort, l'avocat de la famille, à 20 minutes.
Une plainte contre X a été déposée par la famille pour faire la lumière sur le décès de Julien. Rappelant que ces établissements sont prévus par « les règles pénitentiaires européennes », la garde des Sceaux a insisté sur la « prise en charge très globale » dont bénéficient les mineurs dans ces centres, et notamment « psychothérapeutique ou psychiatrique ». Elle a répété que ce type d'établissement « n'est pas remis en cause », qu'il est au contraire « un outil tout à fait adapté aux nouvelles formes de délinquance des mineurs ».