Georges Képénékian élu (sans surprise) maire de Lyon

ELECTION L’ex premier adjoint à la ville de Lyon succède à Gérard Collomb, démissionnaire après avoir été nommé ministre de l’Intérieur…  

Elisa Frisullo

— 

Georges Képénékian a été élu ce 17 juillet 2017 maire de Lyon. Il succède à Gérard Collomb, nommé ministre de l’intérieur par Emmanuel Macron.

Georges Képénékian a été élu ce 17 juillet 2017 maire de Lyon. Il succède à Gérard Collomb, nommé ministre de l’intérieur par Emmanuel Macron. — E. Frisullo / 20 Minutes

  • Il a été élu à la majorité absolue dès le premier tour ce lundi lors d’un conseil municipal extraordinaire…
  • Georges Képénékian s’est inscrit dans la continuité du projet mené jusqu’alors par Gérard Collomb

En arrivant il y a neuf ans à la mairie de Lyon comme adjoint à la Culture, rien ne laissait imaginer qu’il enfilerait un jour le costume de premier magistrat de la Ville. Mais depuis le départ de Gérard Collomb pour la capitale, où ce dernier a été nommé ministre d’Etat, ministre de l’intérieur, son avenir au sein de la municipalité ne faisait guère de mystère.

Ce lundi soir, lors d’un conseil municipal extraordinaire, Georges Képénékian, 67 ans, a été élu dès le premier tour, à la majorité absolue, 35e maire de Lyon. Un fauteuil dans lequel ce fils d’immigrés arménien, qui a grandi dans le quartier Moulin à Vent, devrait rester jusqu’aux prochaines municipales en 2020. Ce proche de Gérard Collomb, qui assumait jusqu’alors la fonction de premier adjoint, délégué à la Culture, aux Grands événements et aux Droits des citoyens, a su se rendre indispensable depuis son arrivée à l’hôtel de ville en 2008.

>> A lire aussi : Gouvernement: Qui va succéder à Gérard Collomb à la tête de la Ville de Lyon?

Très mobilisé pour la construction du mémorial arménien

A l’époque, l’ex-chirurgien urologue de l’hôpital Saint-Joseph Saint-Luc, connu alors à Lyon pour s’être activement mobilisé pour l’édification du mémorial arménien place Antonin-Poncet, avait gagné son entrée à la mairie après avoir activement participé à la campagne municipale de l’édile socialiste.

Georges Képénékian, qui ne s’est jamais présenté à aucune élection, a su depuis gagner la confiance de Gérard Collomb, au point de s’imposer à une place qui n’était pourtant pas gagnée d’avance. Dès 2016, l’ex maire PS de Lyon, qui n’imaginait pas encore quitter la ville pour la place Beauvau, avait désigné David Kimelfeld pour lui succéder à la mairie de Lyon en 2020.

« Il me ressemble dans sa capacité d’empathie envers les Lyonnais. Je ferais donc un tandem avec lui pour les prochaines municipales. Si j’étais élu président de la Métropole, il pourrait être un excellent maire de Lyon », déclarait alors Collomb à l’été 2016.

>> A lire aussi : Métropole de Lyon: David Kimelfeld, le changement dans la continuité

Trois ans pour imprimer sa marque

Mais au moment de démissionner de la Métropole et de la mairie pour se consacrer à ses fonctions nationales longtemps espérées, il a désigné le maire du 4e arrondissement pour lui succéder à la Métropole et a choisi Képénékian pour la mairie. Une stratégie de Collomb pour garder sa place au chaud et mener en 2020 un dernier combat politique et prendre une nouvelle fois la tête de la Métropole ? Sans doute, même si d’ici là, les choses pourraient évoluer sur le terrain local.

Plusieurs élus de droite et de gauche (anti-Collomb) espèrent en effet tirer profit de l’éloignement (tout relatif) de l’ancien maire de Lyon pour se faire une place entre Rhône et Saône en vue des prochaines échéances électorales. Parmi eux, Nathalie Perrin-Gilbert (Gram), la maire du 1er, Denis Broliquier, maire UDI du 2e et Stéphane Guilland, chef de file de l’opposition LR, ont présenté leur candidature ce lundi à la tête de la mairie de Lyon. Une candidature presque symbolique mais bel et bien destinée à prendre date en vue de 2020.

>> A lire aussi : Lyon: Gérard Collomb ne partira pas complètement, il gardera toujours «un œil vigilant» sur la ville

Il n’est pas totalement exclu non plus que Georges Képénkian, tout comme David Kimelfeld, tentent de s’émanciper de leur mentor Gérard Collomb au cours des trois prochaines années pour tenter d’imprimer leur marque à Lyon, même si chacun d’eux s’inscrit pour l’heure totalement dans les pas du ministre de l’Intérieur.

A l’image du président de la métropole le 11 juillet dernier, le maire nouvellement élu a rendu un hommage fort ce lundi à Gérard Collomb. « Pour moi, si cette ville est ce qu’elle est aujourd’hui, elle le doit à votre méthode qui est de rassembler (…) mais aussi à votre manière de cultiver un aller-retour constant entre la pensée et l’action », a déclaré Georges Képénékian.

Il a ensuite souligné sa volonté de poursuivre « la mise en œuvre du projet pour lequel les Lyonnais nous ont accordé leur confiance en 2014 », en travaillant « main dans la main » avec le président de la métropole David Kimelfeld.