Législatives: Rappel des enjeux à Lyon

SCRUTIN Les quatre candidats investis par la République en marche, disposent d'une confortable avance en vue du second tour...

Caroline Girardon

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Illustration d'une électrice déposant son bulletin dans une urne.

Illustration d'une électrice déposant son bulletin dans une urne. — POL EMILE/SIPA

  • Les quatre candidats de la République en marche sont en mesure de rafler les quatre circonscriptions de Lyon
  • Ce qui serait une première, la 4ème ayant toujours été de droite

Gérard Collomb va-t-il réussir son pari ? A savoir emporter les quatre circonscriptions de Lyon, y compris celle acquise à la droite. Le maire de la ville a pris le soin de souffler le nom de ses candidats dans l’oreille d’Emmanuel Macron au moment des investitures LREM. Carton plein. Ses quatre poulains se sont largement placés en tête du premier tour. Petit tour d’horizon et rappel des enjeux à quelques du deuxième tour des législatives.

Dans la première : un boulevard pour Thomas Rudigoz. 46,9 % au premier tour. Un score qui a dû faire plaisir à Caroline Collomb, l’épouse du maire. Ce n’est un secret pour personne, la jeune femme avait activement œuvré auprès de son mari pour que Thomas Rudigoz, le maire du cinquième arrondissement, soit le « candidat Macron ». N’en déplaise à Thierry Braillard, le député sortant PRG, qui lorgnait sur un second mandat et qui n’a finalement pas obtenu l’investiture malgré son soutien de la première heure au nouveau président de la République.

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Aujourd’hui Thomas Rudigoz se voit offrir un boulevard face à Elliott Aubin, la surprise de ce premier tour. Le jeune homme de 23 ans, candidat de la France Insoumise, a déjoué les pronostics en se qualifiant pour le second tour. Avec 13,8 % des suffrages, il a éjecté de la course Anne Lorne, figure de proue la Manif pour tous à Lyon, sur laquelle la droite misait beaucoup. Mais il semble disposer de peu de report de voix pour pouvoir combler son retard.

 

Dans la deuxième : la guerre des deux maires. Quelle que soit l’issue du scrutin, la deuxième circonscription aura un député inédit dimanche soir. Pierre-Alain Muet ne s’est pas représenté, laissant le champ libre à Hubert Julien-Laferrière, le maire socialiste du 9ème arrondissement. Investi par LREM ce dernier a réalisé un score de 39 % au premier tour. Il engrange ainsi une avance confortable sur Nathalie Perrin-Gilbert, la maire du 1er arrondissement (18 %).

Porte-parole la gauche « insoumise » à Lyon, la jeune femme ne se présente pas sous les couleurs de l’équipe de Jean-Luc Mélenchon mais sous son propre parti, le Gram. Véritable poil à gratter de Gérard Collomb, elle bénéficie d’une importante cote de popularité dans son arrondissement et peut espérer récupérer les voix d’Eleni Ferlet, candidate FI (11,5 % au 1er tour) et de Rémi Zinck (EELV, 4,5 %). Reste à savoir si elles seront suffisantes pour réaliser un hold-up inespéré.

 

Dans la troisième : Jean-Louis Touraine dans un fauteuil. Le médecin, ancien adjoint à la mairie de Lyon, a fait mieux qu’en 2012. Dimanche dernier, il est arrivé en tête de tous les bureaux de vote, s’imposant largement avec un score de 42 %, soit deux points de plus qu’il y a cinq ans. En face, pas de candidat de droite. A la surprise générale, Nora Berra a été balayée, engrangeant 13 % des voix. Le duel des médecins a tourné court. Les électeurs ont préféré hisser Pascal Le Brun (France insoumise) au second tour.

Ce dernier part néanmoins avec un handicap : 27 points de retard. Les autres candidats de gauche n’ont pas réalisé de scores suffisamment élevés pour lui assurer un conséquent report de voix.

 

Dans la quatrième : la droite en passe de perdre son fief. Députée sortante LR, Dominique Nachury semble en bien mauvaise posture pour regagner son siège à l’Assemblée nationale. Elle pourrait se faire voler la place par Anne Brugnera, adjointe en charge de l’éducation et de la petite enfance. Une adversaire qu’elle connaît bien puisque les deux femmes s’étaient déjà affrontées en 2012. Cette année-là, le duel avait tourné à l’avantage de la candidate de droite.

Cette fois, Anne Brugnera, investie par LREM, part avec un net avantage puisqu’elle est arrivée largement en tête du premier tour, récoltant 45,8 % des suffrages. Soit 26 points de plus qu’il y a cinq ans. En supposant qu’elle bénéficie du report de voix des candidates FI et EELV, elle pourrait même accentuer son avance sur Dominique Nachury (22 % au premier tour).