Ses premières mesures ont été applaudies. Il y a aussi eu des sifflets. La secrétaire d'Etat à la Ville, Fadela Amara, a défini hier à Vaulx-en-Velin les contours d'une « nouvelle politique » pour les banlieues en difficulté. Principaux objectifs : créer 45 000 emplois en trois ans, réduire le chômage des jeunes de 40 %, accompagner la création de 20 000 entreprises, désenclaver les quartiers, instaurer un suivi personnel des élèves et mettre à leur disposition une « banque de stages ». « Je veux une politique de la ville fondée sur l'évaluation et la culture du résultat », a-t-elle lancé devant un millier d'élus et militants associatifs réunis au centre culturel Charlie-Chaplin, souhaitant « mettre le paquet » sur une centaine de quartiers. La secrétaire d'Etat veut que les mairies et les associations gèrent désormais les crédits de la politique de la ville pour des initiatives « sur mesure qui s'appuient sur l'expertise locale ». « Mais les municipalités redistribuent aux associations qui leur sont proches politiquement », fait remarquer Karim, de l'association Zyva de Nanterre. La ministre du Logement Christine Boutin, qui a ouvert la réunion, a quant à elle pris ses distances sur les objectifs. « Je n'aurais pas formulé les 45 000 emplois », a-t-elle indiqué devant la presse.
« C'est une série de bonnes intentions. Cette journée n'a servi à rien. Elle a créé des frustrations parmi les habitants de nos quartiers et entraîné un gaspillage de l'argent public », a réagi le PS local, rappelant que des Vaudais avaient été refoulés de la réunion, dont le coût est estimé à « 600 000 euros ». « La culture du résultat, la priorité à l'éducation, ça me parle », a apprécié un militant associatif de Vaulx-en-Velin, qui attend cependant de connaître le budget. Fadela Amara n'a pas chiffré le coût de cette politique. Le président Nicolas Sarkozy devrait s'en charger le 8 février en détaillant le plan banlieues. Fadela Amara a toutefois évoqué la piste d'une « solidarité financière entre les communes ». A l'extérieur, une centaine de manifestants ne demandaient pas mieux. « Plan banlieue, des immeubles HLM à Neuilly », indiquait une pancarte.