Législatives: En Savoie, la benjamine de La République en marche défie le député sortant

POLITIQUE A 24 ans, Typhanie Degois brigue son premier mandat sur une terre de droite…

Cyrille Pac

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Typhanie Degois

Typhanie Degois — Capture écran Facebook

  • Dans le département, François Fillon a réalisé un meilleur score que sa moyenne nationale à l’élection présidentielle
  • La présence de candidats de La République en marche a favorisé les dissidences dans les partis historiques

Historiquement à droite, la Savoie est aussi le théâtre d’une redistribution des rôles depuis l’arrivée du mouvement La République en marche d’Emmanuel Macron. 20 Minutes présente les enjeux du scrutin.

Novice vs un cinquième mandat ambitionné. Comme partout en France, les investitures de La République en marche (LREM) en Savoie sont venues troubler les équilibres locaux. Sur la 1re circonscription (Aix-les-Bains, le Bugey savoyard et une partie du Pont-de-Beauvoisin et de la Motte-Servolex), le mouvement présente sa plus jeune candidate. Typhanie Degois (24 ans), qui prépare l’examen d’entrée à une école d’avocat, est certes issue de la société civile mais elle a déjà adhéré à l’UDI il y a quatre ans avant d’en repartir, déçue.

Aujourd’hui, elle affronte le député sortant Dominique Dord (Les Républicains), maire d’Aix-les-Bains, président de la communauté d’agglomération et qui brigue un cinquième mandat. Il reste tout de même le favori, même si Emmanuel Macron a terminé en tête du premier tour de la présidentielle devant… François Fillon.

>> Résultat du premier tour de la présidentielle dans la 1re circonscription de Savoie.

Un vice-président de Wauquiez rejoint LREM. Le jeu du chamboule-tout provoqué par les investitures de LREM a bien secoué la 4e circonscription. Le mouvement présidentiel a en effet choisi d’être défendu par Patrick Mignola, vice-président (MoDem) de Laurent Wauquiez à la région Auvergne-Rhône-Alpes. Localement, cette investiture a été mal vécue. Les représentants LREM comptaient en effet sur la socialiste Bernadette Laclais (députée sortante et maire de Chambéry) qui avait pourtant rallié Emmanuel Macron dès le premier tour de la présidentielle. Mécontents de ce choix décidé par Paris, certains animateurs d’En marche ont démissionné. Bernadette Laclais est tout de même candidate, sans étiquette, et se présente sous la bannière de la « majorité présidentielle ».

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La droite menacée ? Depuis 2012, Les Républicains et le PS se partagent à parts égales les sièges de députés savoyards. Mais ce département est bien, historiquement, une terre de droite où François Fillon a obtenu un score légèrement supérieur à sa moyenne nationale (21,04 % contre 20,01 %). Avec La République en marche, la droite a le plus à perdre de cette élection. La 4e circonscription est d’ailleurs le théâtre d’une querelle interne avec une candidature officielle et une dissidente. La première est portée par Christelle Favetta-Sieyes, responsable de l’UDI dans le département et désignée par Paris dans le cadre de l’accord entre LR et l’UDI, tandis que la seconde est Alexandra Turnar, soutenue localement par Les Républicains de Chambéry.

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Sur la 3e circonscription (Modane, Montmélian, La Ravoire…), la multiplicité des candidatures pourrait aussi affaiblir la droite.

>> Résultat du premier tour de la présidentielle dans la 3e circonscription de Savoie.

Par ailleurs, le bon score de Marine Le Pen (21,71 % au second tour) renforce les candidatures du FN, en particulier sur la 3e circonscription, plus rurale.