OL-Nice: Faut-il s'attendre à un vent de révolte des supporters lyonnais contre Bruno Genesio?

FOOTBALL Face à Nice samedi (21 heures), de nombreux supporters de l'OL pourraient manifester leur ras-le-bol contre Bruno Genesio, que Jean-Michel Aulas vient de conforter...

Jérémy Laugier

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Bruno Genesio, ici à Montpellier, est sous contrat jusqu’en 2019 avec l’OL. PASCAL GUYOT

Bruno Genesio, ici à Montpellier, est sous contrat jusqu’en 2019 avec l’OL. PASCAL GUYOT — AFP

  • Jusque-là, Bruno Genesio a toujours été épargné par les virages du Parc OL
  • Dans la foulée des quelques banderoles disposées cette semaine dans le centre-ville de Lyon, le coach de l'OL soutenu par Jean-Michel Aulas pourrait vivre une soirée délicate contre Nice samedi

« Je suis sûr que l’ambiance sera particulièrement festive et qu’on aura un très grand match de football. » Jean-Michel Aulas tente cette semaine de créer un réel engouement autour du Lyon-Nice sans enjeu samedi (21 heures). Si comme chaque année, un feu d’artifice conclura ce dernier match de la saison à domicile, la fin de l’aventure européenne et surtout la quatrième place à 11 points du podium en L1 (avec 13 défaites à la clé) n’incite pas vraiment les supporters lyonnais à plonger dans la même euphorie qu’un an plus tôt contre Monaco (6-1).

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Beaucoup d’entre eux expriment même leur inquiétude, surtout liée au soutien sans faille de JMA à Bruno Genesio. Une trentaine de banderoles réclamant la démission de l’entraîneur de l’OL ont ainsi été accrochées sur des ponts du centre lyonnais, et même dans d’autres villes, depuis quatre jours. « Nous n’étions que six supporters de l’OL au départ mais tout est allé très vite, explique le compte Twitter Genesio out, qui a lancé cette initiative. On a l’impression que ce mouvement a éveillé certaines consciences car 1.200 gones nous ont rejoints en moins d’une semaine. »

« Clairement un parallèle avec la fin de Puel à Lyon »

Une réaction qui n’est pas sans rappeler les derniers mois sous haute tension vécus par Claude Puel sur le banc lyonnais en 2011. « Je vois clairement un parallèle avec la fin de Puel, estime Sébastien (34 ans), qui ne renouvellera pas son abonnement si Bruno Genesio est bien confirmé. L’exaspération de beaucoup de supporters est comparable, d’autant que la com’ d’Aulas énerve tout le monde. On se demande ce qu’il cherche. »

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Si le vent de révolte est avant tout palpable sur les réseaux sociaux, l’OL craint qu’il n’éclate samedi face à Nice, au point d’avoir annoncé « interdire au stade toute banderole contre Genesio ». « Officiellement, le club ne nous prend pas au sérieux mais il cherche quand même à entrer en contact avec nous. Ce n’est sûrement pas pour nous offrir des maillots ou un match en VIP », précise le compte Genesio out. Jusque-là, la principale différence avec l’épisode Claude Puel tient dans la posture des principaux groupes de supporters. Ceux-ci ont longtemps martelé  « l’union sacrée pour la Ligue Europa », avant l’élimination contre l’Ajax Amsterdam la semaine passée.

« S’il n’était pas lyonnais, il aurait subi une pression pas possible »

« Les Bad Gones revendiquaient à l’époque des banderoles et des chants virulents à l'encontre de Puel, se souvient Jean-Pierre, abonné au virage nord depuis 2000. Là, même si on sait tous qu’il n’est pas bien bon, Genesio est un gone et on sent qu’il aime le club. Une chose est certaine, s’il n’était pas lyonnais, il aurait subi une pression pas possible depuis le derby (0-2 en février). Beaucoup d’entre nous préféreraient qu’il dégage gentiment pour ne pas avoir à lui faire la misère. »

Selon nos informations, « il y aura sûrement des actions » de la part du virage sud samedi « mais elles ne seront pas spécialement ciblées contre Genesio ». L’indulgence des deux virages à l’égard de ce coach né à Lyon et formé à l’OL peut-elle voler en éclat à l’occasion de ce dernier rendez-vous avant la trêve estivale ? « Pour certains supporters, l’idée globale sera exactement la même qu’avec Puel, décrypte Sébastien. A savoir donner un aperçu à Aulas de la situation détestable que ça pourrait être à chaque match la saison prochaine. » Comme quoi cet OL-Nice a finalement bien de l’enjeu.