Pourquoi la marque Rossignol diversifie ses activités

ENTREPRISE Le numéro un sur le marché du ski s'attaque au vélo...

Cyrille Pac

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Des skis de compétition Rossignol, lors de la coupe du monde de ski alpin le 5 janvier 2005 à Santa Caterina (Italie)

Des skis de compétition Rossignol, lors de la coupe du monde de ski alpin le 5 janvier 2005 à Santa Caterina (Italie) — JACQUES DEMARTHON AFP

  • Avec le rachat récent de l'Américain Felt, l'entreprise française s'implante encore plus sur le marché du cycle
  • La marque privilégie le «made in France» pour mieux conquérir le monde

Si une hirondelle fait le printemps, Rossignol est désormais paré pour toutes les saisons. C’est le sens de la stratégie du groupe leader sur le marché du ski après avoir frôlé la faillite en 2008. En l’espace d’un an, l’entreprise basée à Voreppe a fait l’acquisition de deux sociétés spécialisées dans les cycles (l’Isérois Time et l’Américain Felt) et d’un fabricant d’équipements pour trail (Raidlight-Vertical). Elle s’est aussi associée à la start-up haut-savoyarde In & motion pour la fabrication d’un gilet airbag destiné aux skieurs.

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Alors que le chiffre d’affaires de Rossignol en 2016 est resté stable, le marché mondial du ski enregistre, lui, un net recul (-7 %), justifiant ainsi cette diversification. L’objectif du PDG Bruno Cercley est donc bien d’occuper le terrain tout au long de l’année. « On cherche d’abord à consolider notre positionnement sur les sports d’hiver, c’est l’essentiel de l’activité, explique Yann Laphin, directeur de la communication du groupe. Mais il est important de se diversifier sur les secteurs de l’outdoor ou du multisaison pour ne pas dépendre de l’hiver dont le marché ne grossit plus. »

« Mutualiser les coûts »

Pour continuer à grandir, Rossignol doit donc s’ouvrir à d’autres secteurs. Or le vélo et le ski ont de nombreux points communs, ne serait-ce que la montagne. « Les magasins sont souvent les mêmes, ajoute Yann Laphin. Le marché du vélo est 15 à 20 fois plus gros que celui du ski. »

En élargissant son horizon, Rossignol espère aussi faire grandir les marques qu’elle vient d’acquérir. « Cela nous permet de mutualiser des coûts, des moyens et d’échanger nos savoir-faire, poursuit Yann Laphin. Avec Felt, on accélère notre diversification sur le marché des VTT. » Rossignol s’apprête ainsi à sortir un vélo tout-terrain pour l’automne prochain.

« L’ancrage local est important »

Autre stratégie du groupe : la production locale. Pour performer à l’international (75 % de son chiffre d’affaires), Rossignol a décidé de produire français, à l’exception des cycles Felt. Le siège social est ainsi dans la zone d’activités de Centr’Alp (Pays voironnais), une usine de ski se trouve à Sallanche (Haute-Savoie) et, à l’exception de Felt, le groupe ne compte qu’une usine à l’étranger (en Slovaquie pour les vélos Time).

« L’ancrage local est important, confirme Yann Laphin. C’est d’abord pratique d’être en montagne pour effectuer nos tests sur les skis. Aux Etats-Unis, la France est connue pour le luxe et le ski. La french touch fait partie d’un imaginaire. Cela ne fait pas grimper les prix mais c’est important. »

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L’implantation locale se retrouve aussi dans le soutien affiché par la Communauté de communes du Pays voironnais et dans les différents partenariats avec le CEA-tech de Grenoble ou certaines stations iséroises. « Le fait de tous nous retrouver au siège permet aussi de mieux échanger et de tester nos produits », conclut Yann Laphin.

Avec l’arrivée de l’été débute une nouvelle ère pour la marque qui espère être aussi présente sous la chaleur estivale que sur les pistes de ski.