Huis clos envahi à Saint-Etienne : Que risquent l’ASSE et ses supporters ?

SANCTIONS En bravant, dimanche, le huis clos du match ASSE-Rennes, les ultras stéphanois ont fait dans l’inédit. Du coup, les sanctions s’annoncent également inédites…

Pierre Comet

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250 supporters stéphanois ont envahi les tribunes de Geoffroy-Guichard lors de Saint-Etienne-Rennes, alors que le match se déroule à huis clos, le 23 avril 2017

250 supporters stéphanois ont envahi les tribunes de Geoffroy-Guichard lors de Saint-Etienne-Rennes, alors que le match se déroule à huis clos, le 23 avril 2017 — Philippe Desmazes

  • Le club de Saint-Etienne rejette toute responsabilité.
  • La loi n’a rien prévu contre l’envahissement de stade.

« C’est un cas très intéressant car il est, à ma connaissance, totalement inédit, lance Tatiana Vassine, avocate spécialiste du droit du sport. Jamais encore, la commission de discipline de la Ligue de football professionnelle n’a eu à statuer sur un cas de match à huis clos non-respecté. »

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Ainsi, tout peut s’envisager au lendemain de l’intrusion des 250 ultras Verts dans le Chaudron lors du match AS Saint-Etienne - Rennes (qui s’est soldé sur un piteux 1-1). Et on n’aimerait pas être à la place de la commission de discipline car les responsabilités ne sont pas simples à identifier. Aucune infraction n’a, en effet, été commise par les supporters pour entrer. Ils sont passés par le musée des Verts (collé à l’enceinte), dont ils avaient manifestement les clés. Néanmoins, nous avons essayé de balayer les sanctions possibles pour les uns et les autres…

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Le club aura du mal à se dédouaner

Le coprésident de l’ASSE l’a affirmé dès le lendemain des incidents : il ne se sent aucunement en tort car « toutes les précautions nécessaires » ont été prises avec « quarante-deux stadiers pour sécuriser l’enceinte » De plus, il assure ne pas « pas être responsable de ce qui se passe sur la voie publique », donc de l’entrée du musée.

Cependant, cette défense pourrait ne pas tenir devant la commission de discipline… « Le club est responsable de ses supporters selon le chapitre IV de l’annexe 2 du règlement disciplinaire de la FFF, informe Tatiana Vassine. Par ailleurs, il doit mettre en œuvre la sanction qui a été prononcée à son encontre. Sur ces deux points, il y a manifestement eu des défaillances. Tous les accès auraient dû être sécurisés, y compris les entrées secondaires, comme celle provenant du musée. On peut donc s’attendre à une amende ou de nouveaux matchs à huis clos. D’autant que la commission va apprécier l’événement dans un climat tendu… »

Supporters : la loi ne les avait pas vu venir

Le coup de force des ultras n’a pas du tout été apprécié par le préfet de la Loire, un jour d’élection et dans le contexte d’Etat d’urgence. Ainsi, il a laissé entendre qu’il allait se montrer très ferme. Seulement, les textes ne lui laissent pas un grand champ d’action. « La loi réprimande l’envahissement du terrain mais pas celui d’un stade. Rien n’est envisagé dans un tel cas de figure, s’amuse l’avocate. Seuls ceux qui ont allumé des fumigènes pourront être pénalement poursuivis, à condition qu’ils soient identifiés… Des sanctions administratives sont, cependant, possibles. La Ligue a la possibilité de radier ses licenciés. Le Code du sport prévoit des suspensions d’abonnement. Enfin, les groupes de supporters peuvent être dissous. Mais c’est une sanction extrême. »