L'urbex, exploration urbaine, consiste à découvrir des lieux secrets.
L'urbex, exploration urbaine, consiste à découvrir des lieux secrets. - Johny Joo/ Carter News/Sipa
  • De plus en plus de jeunes qui pratiquent l’urbex prennent des dangers considérables
  • La Métropole de Lyon sécurise au maximum les chantiers ou sites en friche sans pouvoir empêcher toute intrusion

Leur passion leur fait parfois prendre des risques considérables. Dimanche, une jeune fille de 20 ans est décédée après avoir chuté du toit d’une ancienne centrale à charbon à Villeurbanne. L’étudiante, passionnée d’exploration urbaine (urbex), était partie à la recherche du cliché rare.

Au mois de janvier, Maxime a perdu la vie sur le pont de la Mulatière. Quelques jours avant son décès, il confiait à 20 Minutes son obsession de ramener « la photo qu’[il] avait en tête », confessant « aimer admirer les points de vue que peu de gens connaissent ».

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L’urbex, discipline visant à explorer des lieux secrets, était encore confidentielle il y a trois ans. Aujourd’hui, elle explose mais prend un tournant dramatique car ses pratiquants bravent (trop ?) souvent le danger. S’introduire sur les chantiers pour escalader le toit de l’Hôtel-Dieu à mains nues, grimper sur la tour métallique de Fourvière, monter au sommet d’une grue sont devenus des défis à relever. Ce qui inquiète Mathieu, 32 ans, animateur du site Internet souterrain-lyon.com.

« On voit arriver des jeunes, shootés à l’adrénaline »

« L’une des premières règles est déjà de ne pas aller en hauteur, rappelle-t-il. Mais de plus en plus d’adeptes s’inspirent du rooftoping (sport extrême à la mode sur Internet qui consiste à mettre sa vie en danger dans les airs). On voit arriver des jeunes, shootés à l’adrénaline, en recherche de sensations fortes, qui n’aspirent qu’à une chose : créer le buzz avec leurs photos. » Difficile de les ramener à la raison.

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« Il faut pourtant savoir que la philosophie de départ est de préserver les lieux que l’on découvre et donc de ne pas exposer tout ce que l’on voit. On n’est pas dans le partage à outrance », insiste le trentenaire. Et d’ajouter : « Même si le lieu est fantastique, certaines fois je n’y vais pas car je sais que le danger est là ».

« Impossible de tout sécuriser »

De son côté, la Métropole de Lyon veille au grain et précise qu’« un budget très important est consacré à la sécurisation des sites », sans en dévoiler le montant, pour éviter les intrusions et donc les accidents. Gardiennage, installation de caméras de surveillance ou d’alarmes reliées à la gendarmerie, fermeture des sites sont les principales mesures appliquées.

« Malheureusement, il est impossible de tout sécuriser, déplore Nicole Sibeud, directrice adjointe des services. Quand les gens sont déterminés à grimper sur les toits, s’amusent à monter par l’extérieur du bâtiment, comment voulez-vous faire ? » Et de conclure : « Le véritable problème c’est d’arrêter l’apologie de cette pratique à risque ».

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