Lyon: Un collectif citoyen s'active pour dénoncer la corruption des élus

ENGAGEMENT Il entend « éveiller petit à petit les consciences » des électeurs et faire ainsi évoluer les mentalités…

Caroline Girardon

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Les membres du mouvement Stop Corruption Lyon se réunissent chaque dimanche place Bellecour pour échanger avec les passants.

Les membres du mouvement Stop Corruption Lyon se réunissent chaque dimanche place Bellecour pour échanger avec les passants. — Stop Corruption

L’objectif n’est « pas de tout révolutionner ». Ils en sont conscients. Il s’agit surtout d’« éveiller les consciences petit à petit ». Le mouvement citoyen et apolitique Stop Corruption Lyon, qui se poste chaque dimanche après-midi place Bellecour, s’est inspiré des manifestations en Roumanie en février dernier pour dénoncer à son tour ce qui se passe en France et de faire évoluer les mentalités des citoyens.

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Indignée par les récentes affaires, Pascale a eu envie de s’engager. « Je rêve d’un monde plus juste, intègre où les hommes politiques ne sont animés que par l’intérêt général », argumente-t-elle. Vincent a eu le même réflexe après un « choc émotionnel », causé par « le dédain des personnes impliquées, gonflé par un sentiment d’impunité ».

Aucune consigne de vote

Pas question de stigmatiser tel ou tel candidat, ni d’appeler à voter pour un autre. « C’est simplement de dire que des élus corrompus, on en veut plus », martèle Guillaume de Chazourne, l’un des organisateurs. « Cela passe par la pédagogie », poursuit-il, conscient que la présidentielle française leur offre une tribune.

« La plupart des passants que nous interpellons se disent démunis. Ils ne savent pas comment en tenir compte dans leur vote. Ils ne comprennent pas non plus qu’on peut en terminer avec le cumul des mandats et qu’il n’est pas obligatoire de réélire des hommes corrompus », constate Stéphane Sacquepée. Et d’ajouter : « On voit qu’il y a un début de prise de conscience. Avant, les gens ne disaient rien lorsque des affaires éclataient. Ils continuaient de voter pour les mêmes élus. On espère insuffler un regard plus critique aux jeunes générations ».

« La lutte contre la corruption ne va pas se faire en un claquement de doigt »

« La lutte contre la corruption ne va pas se faire en un claquement de doigt. Mais c’est une question d’éducation et de sensibilisation », martèle un autre membre du mouvement.

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Ce dernier porte trois revendications : retirer l’amendement instaurant un délai de prescription de 12 ans pour les affaires de corruption, voter une loi citoyenne de transparence qui imposera aux élus de justifier toutes leurs dépenses et exiger le retrait immédiat de la vie politique des politiciens condamnés pour « des infractions occultes et dissimulées ».