Auvergne Rhône-Alpes: Les associations mobilisées pour dénoncer les «méthodes» de la région

GROGNE Un collectif organise un rassemblement devant le Conseil régional samedi pour dénoncer l'absence de concertation et la baisse des subventions...

Elisa Frisullo

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Les associations dénoncent les méthodes de Laurent Wauquiez, président LR d'Auvergne Rhône-Alpes.

Les associations dénoncent les méthodes de Laurent Wauquiez, président LR d'Auvergne Rhône-Alpes. — C. Girardon / 20 Minutes

Education populaire, insertion, éducation à l’environnement, culture, santé, solidarité locale, droits des femmes… La majorité des secteurs associatifs devrait être représentée samedi lors du rassemblement organisé entre 15 heures et 17 heures devant l’hôtel de région, à Lyon, pour « dénoncer les méthodes » du conseil régional Auvergne Rhône-Alpes. Et plus précisément de son président LR Laurent Wauquiez qui, après la montée au créneau de l’opposition cette semaine, cristallise critiques et inquiétudes au sein du tissu associatif.

Fédérées dans le collectifVent d’Assos, une centaine d’associations régionales devraient participer à cette mobilisation « citoyenne » pour témoigner de leurs difficultés suite à la baisse de leurs subventions et protester contre l’absence de dialogue et de concertation du conseil régional.

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Un millier de postes en moins ?

« Un peu plus d’un millier de postes ont disparu dans les associations, dans de multiples secteurs. Soit ils ont dû être supprimés, soit non remplacés ou non reconduits en raison de la baisse des aides régionales », indique Audrey, représentante des acteurs de la solidarité. Suite à la baisse de leurs subventions, annoncées par la région « alors que les dépenses avaient été engagées, certaines structures ont dû licencier. D’autres ont dû fermer », ajoute Elise, en poste dans l’éducation à l’environnement.

C’est notamment le cas du Transfo, plateforme des acteurs culturels de l’Auvergne, qui a cessé son activité en début d’année après avoir perdu ses subventions régionales, laissant douze salariés sur le carreau. Dix-sept postes ont été supprimés à la Frapna, 12 postes au Centre d’information sur les droits des femmes et des familles de l’Ardèche et de la Drôme. Au Graine, réseau pour l’éducation à l’environnement, 60 % des financements régionaux ont été supprimés. L’association, qui est passée tout prêt de la liquidation, a dû licencier deux de ses six salariés.

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Des inquiétudes pour la démocratie

Dans le milieu associatif, l’inquiétude est grande pour les années à venir. « Au-delà de nos emplois, nous nous demandons quelle démocratie existe au sein de cette institution. On se retrouve face à un conseil régional qui a de plus en plus de pouvoirs mais dans lequel on a de moins en moins de place pour construire ensemble. Aucune entreprise ne pourrait survivre à cela », déplore Audrey.

« Nous sommes inquiets sur la prise en compte des citoyens dans les politiques publiques. Nous sommes dans l’incapacité de nous projeter que ce soit dans l’avenir tant pour la gestion de nos associations que pour nos projets d’intérêt général », ajoute Elise. Le collectif demandera samedi une remise en place du dialogue entre la région et le tissu associatif, la transparence sur les budgets et les critères d’attributions des subventions et l’arrêt des baisses des dotations allouées associations.

Interrogé par 20 Minutes, l’entourage Laurent Wauquiez rappelle que le président LR n’a jamais caché sa volonté « de réorienter des subventions administratives vers de l’investissement ». « Dans la plupart des ces associations, les gens font plus un travail de militant qu’un travail au service de leur cause », estime-t-on à la région, où 75 millions d’euros d’économies de fonctionnement sont prévus en 2017, comme l’an passé.

Réaffecter l’argent aux acteurs du terrain

« Globalement, les associations ont vu baisser leurs subventions de 5 à 20 %, mais il n’y a pas un millier de postes qui a disparu », assure-t-on. « Après, la marque de fabrique de Laurent Wauquiez est de réaffecter l’argent jusqu’alors alloué aux structures tampon (fédérations, réseaux…) aux acteurs du terrain. De ne plus subventionner un réseau culturel par exemple mais directement les compagnies d’artistes », ajoute la région, étonnée du manque de dialogue pointé par les associations.

« Ce qui nous fait tiquer, c’est que nous avons très peu de demandes de rendez-vous et que leur rassemblement est organisé un samedi, jour où il n’y aura personne au conseil régional pour les recevoir. »