Villefontaine: L'analyse du matériel informatique du directeur d'école écarte toute complicité

PEDOPHILIE Les disque durs, disquettes et CD-Rom de Romain F. ont été passés au peigne fin...

20 Minutes avec AFP

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Les parents des victimes devant le collège Aragon de Villefontaine, où se sont rendues les ministres de la Justice et de l'Education nationale le 4 mai 2015.

Les parents des victimes devant le collège Aragon de Villefontaine, où se sont rendues les ministres de la Justice et de l'Education nationale le 4 mai 2015. — C.Girardon/20 Minutes

L’analyse des supports informatiques appartenant au directeur d’école pédophile de Villefontaine (Isère), qui s’est suicidé en prison en avril 2016, a permis d’écarter l’hypothèse d’une complicité, a-t-on appris lundi auprès du parquet de Grenoble.

Ces disques durs, disquettes et CD-ROM avaient été confiés à la gendarmerie par la femme de Romain F., qui les avait retrouvés dissimulés dans le double toit de leur maison, quelques jours avant son suicide en détention.

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« Les faits d’un seul homme »

« Ce qui est certain, c’est qu’il n’y a pas eu de découverte de complicité. C’étaient les faits d’un homme seul », a déclaré Jean-Yves Coquillat, procureur de la République à Grenoble.

Le travail du juge d’instruction en charge de cette affaire « hors norme » et des enquêteurs n’est pas encore fini malgré la mort de l’auteur des faits : il faut encore vérifier s’il y a de « nouvelles victimes potentiellement identifiables ».

Les supports informatiques analysés ont livré « environ 512.000 photos et plus de 11.000 vidéos dont la grande majorité provient d’internet où il les avait soit achetées soit reçues en peer-to-peer (échange d’internaute à internaute, NDLR) », a souligné M. Coquillat.

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Aucune trace d’exportation sur le net

« D’autres, beaucoup moins nombreuses, sont des photos ou des montages qu’il avait faits lui-même lors des 'ateliers du goût' où l’instituteur imposait des fellations à des élèves aux yeux bandés », a poursuivi le magistrat, insistant sur le fait « qu’aucune trace d’exportation (sur le net) de ses photos n’a été trouvée ».

Sur ces photos, qui intéressent la justice, « les enfants sont parfois aisément identifiables, d’autres fois il faut faire des mesures de rapprochement ». « Le juge va comparer ces photos avec les victimes déjà identifiées et voir s’il y en a d’autres et s’il est possible de les identifier », a expliqué M. Coquillat.

« Les fichiers sont classés sous forme de prénoms. Il peut avoir utilisé les prénoms des victimes mais pas forcément », a-t-il mis en garde.

« C’est la fin du travail à faire. Ensuite le dossier sera réglé et il y aura un non-lieu de par l’extinction de l’action publique en raison de la mort du prévenu », a conclu le procureur.