Grenoble: Elles veulent «se réapproprier» des cafés trustés par les hommes

SOCIETE Une trentaine de femmes ont voulu réaliser un « putsch discret » samedi matin…

20 Minutes avec AFP

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A Grenoble, une trentaine de femmes ont voulu se "réapproprier" les cafés "trustés par les hommes". (illustration)

A Grenoble, une trentaine de femmes ont voulu se "réapproprier" les cafés "trustés par les hommes". (illustration) — Frederic Scheiber/20MINUTES

Une trentaine de femmes ont discrètement investi samedi matin plusieurs cafés d’un quartier de Grenoble afin de « se réapproprier » cette poignée d’établissements aujourd’hui majoritairement fréquentés par des hommes. Âgées de 16 à 60 ans, elles sont arrivées, seules ou par petits groupes, et ont pris place dès 9h sur les terrasses de la place Saint-Bruno, accueillant l’un des plus importants marchés de la ville.

L’initiative est partie d’une simple invitation, échangée entre amies et qui, de boîte mail en boîte mail, a circulé dans le quartier.

Faire tomber les barrières

« Ça fait des années que je fréquente la place Saint-Bruno et je constate que de moins en moins de nanas viennent boire des canons dans ses bars », déplore Anne, l’une des instigatrices de ce « putsch discret ». « Aujourd’hui, on ne souhaite pas réaliser un coup de force ou provoquer, mais simplement être visibles ».

Sylvie, une quinquagénaire poivre et sel habitant le quartier, déplore les « représentations » que les femmes se font des cafés de la place, « où l’on peut venir boire un coup sans problème en dépit des clichés ». « On se construit en effet nos propres barrières. Il nous faut simplement oser », abonde Christine, 46 ans.

Pas de religion dans le débat

Si chacune s’est approprié la démarche avec une perception différente, toutes ont balayé l’idée de pointer du doigt une communauté, une culture ou une religion. Une situation loin de la vive polémique qui a agité laville de Sevran en décembre après un reportage de France 2 présentant des établissements fermés à la présence féminine. Aucune des participantes au rassemblement n’a d’ailleurs évoqué l’épisode.

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« C’est dommage que les filles ne s’assoient pas avec nous pas car la porte est grande ouverte », regrette Ali, un client de 49 ans. « Elles n’osent pas s’arrêter ici en général, parce que les hommes y sont nombreux. Et pourtant, ça ne gêne personne qu’elles soient là ! », conclut Mokhtar, le patron d’une brasserie.

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