AS Roma-OL: Les supporters lyonnais forcés à «baisser pantalon et caleçon» pour voir le match

FOOTBALL Les fouilles imposées jeudi par la police italienne au Stadio Olimpico de Rome ont été perçues comme « une humiliation » par les 750 supporters de l’OL présents…

Jérémy Laugier

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Le parcage d'environ 750 supporters lyonnais, jeudi au Stadio Olimpico de Rome.

Le parcage d'environ 750 supporters lyonnais, jeudi au Stadio Olimpico de Rome. — Andrew Medichini/AP/SIPA

De notre envoyé spécial à Rome,

Décidément, cette campagne européenne 2016-2017 n’aura pas offert que de bons souvenirs aux supporters lyonnais. Déjà marqués par les violentes attaques de la police espagnole avant le match de Ligue des champions Séville-OL (1-0) le 27 septembre, ils ont également halluciné devant le traitement des forces de sécurité romaines jeudi. « Pour ceux qui ont fait le déplacement comme moi en car OL Voyages, il y a eu pas moins de six fouilles, confie Hugo (22 ans). Il y en a surtout eu une de plus de 1h30 à l’entrée de Rome par la police italienne, du genre peloton d’exécution. »

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C’est à l’arrivée des navettes transportant environ 750 supporters lyonnais au stade que « le carnaval » a vraiment commencé. « On a enchaîné trois fouilles, dont deux avec des palpations poussées, poursuit Hugo. Pour la troisième, il a fallu passer dans un Algeco à deux ou trois à la fois et on nous a demandé de baisser pantalon et caleçon. C’était à la fois ridicule et assez humiliant. Certains ont même dû écarter les fesses. Des policiers n’ont pas hésité à rigoler de potes mis à nu. Je savais pertinemment que si je ne m’exécutais pas, je risquais gros. »

« Nous sommes restés coincés dans le bus avec une chaleur impossible »

« Ils nous ont franchement traités comme des animaux », peste Diego, qui nous a donné exactement la même version d’un épisode ayant gâché en partie la qualification européenne de leur équipe. « Aucun supporter de l’OL ne se souvenait de pareille fouille », complète Jean-Pierre, qui n’a pu entrer dans le stade qu’après 20 minutes de jeu et qui a donc manqué les deux premiers buts de la rencontre. Et ce, car il refusait, tout comme 50 autres habitués des virages du Parc OL, de se déshabiller devant la police.

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« Nous sommes d’abord restés coincés dans le bus pendant une heure avec une chaleur impossible, raconte-t-il. Les flics nous provoquaient, je bouillonnais à l’intérieur. Ils n’attendaient qu’un truc, c’est qu’on pète un plomb. On a refusé jusqu’au bout de baisser notre pantalon. » Pour couronner le tout, les navettes d’après-match déposant les supporters visiteurs dans le centre-ville ont elles aussi posé problème. « Nous étions tellement entassés dans le bus qu’il semblait incontrôlable. Le chauffeur roulait très vite sur les pavés. Une chose est sûre, je ne remettrai plus les pieds à Rome pour un déplacement de l’OL », conclut Diego.