Stomy Bugsy et Passi, ici lors de la première date de la tournée, vendredi au Zénith d'Auvergne à Clermont.
Stomy Bugsy et Passi, ici lors de la première date de la tournée, vendredi au Zénith d'Auvergne à Clermont. - Jérôme Chion

Les trentenaires vont prendre d’assaut les zéniths de toute la France ce mois-ci. La raison ? La tournée de L’Âge d’or du rap français, qui va par exemple rassembler plus de 3.000 fans de l’époque Secteur Ä le 14 mars à la Halle Tony-Garnier de Lyon.

Lylee est un peu plus jeune (28 ans) mais elle fait bien partie de cette génération accro à Skyrock « dans la période de rébellion au collège ». « J’ai passé des nuits à découvrir des trucs de malade et à les enregistrer sur des cassettes, se souvient cette Grenobloise. MC Solaar et Lunatic [groupe de Booba de 1994 à 2003] m’ont notamment marquée. »

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« Une nostalgie puissance 10 »

Il y aura entre autres Ärsenik, Assassin, Busta Flex, Matt Houston, Ménélik, Ministère ÄMER, Nèg’Marrons, Nuttea, Passi et Stomy Bugsy à Lyon, avant une date phare le 27 mars à Bercy. « Je connais tous ces artistes et leurs sons par cœur. J’ai hâte car je ressens une nostalgie puissance 10 à l’idée d’enfin tous les voir sur scène », avoue Lylee. Il faut dire que chaque amateur de hip-hop garde un tendre souvenir lié à (au moins) l’un des artistes présents sur la tournée.

« Mon premier gros morceau de rap, c’est Le Maton me guette de Passi. A l’époque, tout le monde avait le double CD du concert du Secteur Ä », rappelle Geoffrey (29 ans) qui réunit près de 800 internautes sur sa page Facebook Vrai rap français. Celui qui viendra spécialement de Valence est aussi admiratif de « l’énormissime » nouvel album d’IAM que d’un « nouveau vrai rap indépendant avec Demi Portion ou Furax Barbarossa».

« Depuis tout petit, j’écoute ce rap qui a tellement de sens »

Comme beaucoup d’amateurs de musique dans les années 1990-2000, il est nettement moins enthousiaste à l’idée d’évoquer le phénomène Jul : « Pour moi, c’est de la pop urbaine et pas du rap. Il n’y a pas de message. Comme je suis un puriste, je n’écoute plus du tout la radio ». Les tubes qui ont bercé son adolescence étaient alors clairement moins clivants. « Une chanson comme Le Bilan des Nèg'Marrons parlait à tout le monde, même aux fans d’électro ou de métal », sourit Geoffrey.

Etienne a beau n'avoir que 21 ans, il viendra spécialement de Roanne pour assister à la date lyonnaise de la bande à Passi et Stomy Bugsy. « Depuis tout petit, j’écoute ce rap qui a tellement de sens, notamment dans les textes engagés. Maintenant, les rappeurs jouent peut-être plus sur les instrus et le fait d’ambiancer », constate le jeune homme, qui retournera à la Halle Tony-Garnier en novembre pour voir IAM célébrer les 20 ans de L’Ecole du micro d’argent. Il n’est à coup sûr pas le seul à se programmer une double dose de nineties en 2017.

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