Lyon: L'autoroute A6-A7 déclassée, que va-t-il se passer dans les prochains mois?

CIRCULATION La métropole souhaite bouter la moitié des véhicules circulant quotidiennement dans l'agglomération lyonnaise d'ici à 2030...

Caroline Girardon

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Un bouchon sur l'autoroute A7, aux abords du tunnel de Fourvière, près de Lyon, en juillet 2010.

Un bouchon sur l'autoroute A7, aux abords du tunnel de Fourvière, près de Lyon, en juillet 2010. — FAYOLLE PASCAL/SIPA

« Une rupture historique », selon Gérard Collomb, le président de la métropole de Lyon. Lundi, les élus du Grand Lyon ont pris acte du projet de déclassement de l’autoroute A6/A7. Si l’idée a été unanimement saluée, les inquiétudes demeurent. 20 Minutes fait le point sur le dossier

Qu’est-ce qu’un déclassement ? Par définition, l’autoroute A6-A7 ne sera plus une autoroute. Le déclassement concerne une portion de 16 kilomètres, allant des communes de Dardilly et Limonest (au nord de l’agglomération) à Pierre-Bénite (au sud). Les voies deviendront des routes à grande circulation avec des couloirs de bus, des trottoirs élargis, des pistes cyclables et des espaces végétalisés pour les piétons. De fait, la vitesse sur ces axes-là sera abaissée.

Pourquoi un tel déclassement ? L’objectif de cette décision est de décongestionner le centre-ville lyonnais et reporter une partie du trafic venant de l’A6-A7 (110.000 véhicules par jour) en périphérie, à l’est de l’agglomération notamment sur l’autoroute A432, peu empruntée.

« Il faut savoir que 44.000 véhicules transitent chaque jour par l’agglomération sans jamais s’y arrêter : 16.000 circulent sur l’A6-A7, 3.000 sur le périphérique Laurent Bonnevay et 25.000 sur la Rocade Est », rappelle Jean-Luc Da Passano, adjoint en charge des déplacements et de la mobilité. « A titre de comparaison, ils ne sont que 4.000 à emprunter l’A43, soit 11 moins fois moins », poursuit-il.

D’ici à 2030, la métropole aimerait réduire le trafic de moitié. A savoir 50.000 véhicules par jour.

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Quelles solutions ? La métropole envisage donc de reporter l’essentiel du trafic sur l’A43, en obligeant les véhicules de l’extérieur à contourner l’agglomération lyonnaise par l’est….en attendant que l’anneau des sciences ne soit bouclé. « Il est évident que le report des flux ne pourra pas se faire si ce projet n’aboutit pas », souligne Thomas Rudigoz, le maire du 5e arrondissement de Lyon.

« Décréter le déclassement ne va pas changer grand-chose si l’on n’est pas capable de gérer les flux que l’on doit détourner. Nous devons avoir une vision plus fine du calendrier et de la façon dont les choses vont s’organiser », réclame François-Noël Buffet, le maire (LR) d’Oullins. Car jusque-là, les communes situées à l’est de l’agglomération redoutent d’être asphyxiées.

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En attendant 2030, les élus en charge du dossier, préconisent d’élargir la Rocade Est, « un mur de camions » selon Gérard Collomb, en construisant une troisième voie de circulation sur la partie sud. L’idée est aussi de repenser les nœuds de Manissieux et de Ternay, sursaturés chaque jour, et de développer les transports en commun.

Quelles seront les premières mesures ? « Il ne faut pas mentir. Les premiers aménagements importants ne pourront pas être réalisés avant au moins huit ans, prédit Denis Broliquier, le maire UDI du 2e arrondissement de Lyon. Ceux qui seront faits dans les trois prochaines années seront des aménagements à la marge ».

La métropole envisage en effet d’agir en premier sur les transports en commun. D’ici 2020, elle compte, avec l’aide du Sytral, mettre en place une « ligne express autoroutière » entre la Porte de Lyon et le Perrollier, qui circulerait sur la bande d’urgence actuelle et qui permettrait aux habitants de Dardilly et de Limonest, d’aller directement prendre le métro à la gare de Vaise, sans aller au travail avec leur voiture.

Autre piste évoquée : instaurer « des axes de partage » entre la Mulatière et Perrache, mais aussi au Sud de l’agglo. En d’autres termes, il s’agirait de réserver des troisièmes voies de circulation au covoiturage.