Illustration des urgences d'un hôpital.
Illustration des urgences d'un hôpital. - Credit:GELEBART/20 MINUTES/SIPA

Ces dernières semaines, plusieurs médecins, internes ou infirmières se sont emparés des réseaux sociaux pour faire entendre, à travers des vidéos, leurs coups de gueule, leurs inquiétudes, leurs malaises. Et interpeller le gouvernement et l’opinion publique sur leurs difficultés et leurs craintes pour l’avenir de leurs professions et du système de santé.

Dimanche, c’est à travers une lettre, sobre et poignante, publiée sur son compte Facebook que Marine, 23 ans, infirmière en Haute-Savoie a décidé de faire part de sa lassitude et de sa colère. Un cri d’alarme qui, en quelques jours, a été largement relayé sur le réseau social, et n’a pas manqué de faire réagir.

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Dans ce message, partagé par plus de 13.000 personnes et commenté des centaines de fois, la jeune femme, en poste aux urgences, décrit son quotidien et ses doutes. « Je suis infirmière depuis 2 ans et 4 mois et en rentrant du travail, j’ai pleuré. Parce que ce soir, j’ai besoin d’écrire ce que je ressens. Parce que ce soir, et pour la première fois à ce point-là, je déteste mon travail », confie-t-elle.

Des urgences saturées par des soins relevant des généralistes

« Je déteste ce service d’urgence qui n’en est plus un… », lâche-t-elle en signe de ras-le-bol pour dénoncer la saturation habituelle de ces services hospitaliers, où se pressent si souvent des patients « au nez qui coule vert » ou « ayant mal à la gorge depuis quatre jours ». Autant de petits bobos qui relèvent de la médecine générale, des maisons de santé et des médecins de garde, martèle l’infirmière, écœurée et lasse de ne pouvoir s’occuper des personnes en situation d’urgence qui « ont réellement besoin de moi ».

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« J’ai écrit cette lettre sur un coup de tête en rentrant du boulot ce soir-là. Mais je ne pensais pas que ma lettre serait autant relayée, que ce message aurait un tel impact », explique Marine à 20 Minutes. Avec cette lettre, elle entendait dénoncer des conditions de travail très difficiles et alerter le public.

« Pas un message politique »

« Il n’y a aucun message ou revendication politique. Ce que nous vivons dans mon service, c’est partout pareil en France. On manque de personnels et de matériels et les urgences sont saturées par des personnes malades, certes, mais dont le cas ne relève pas des urgences. Il doit y avoir une prise de conscience à ce niveau-là dans la société », ajoute la jeune femme.

Son message, salué par des centaines d’internautes, devrait y participer.

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