Il a intégré ce week-end un centre de rééducation, après deux mois passés à l’hôpital. De longues semaines pendant lesquelles il est resté cloué au lit. A son arrivée, les médecins ne s’étaient guère montrés optimistes, ne lui laissant quasiment aucune chance de s’en sortir. C’était compter sans sa combativité, ni celle de sa famille et de ses proches qui se relaient perpétuellement à son chevet.

Marin, laissé pour mort le 11 novembre à la Part-Dieu, à Lyon, après avoir été sauvagement frappé à coups de béquille sur le crâne pour avoir défendu un couple s’embrassant, pris à partie par une bande de mineurs, est sorti de son coma, entamant un lent retour à la vie. Une première victoire, même si son entourage reste très prudent. Aujourd’hui, l’étudiant est en phase de réveil.

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« Il ouvre les yeux, mais il n’a pas toujours sa pleine conscience. Souvent, après un effort, il a besoin de dormir deux ou trois heures », confie Anne-Claire, sa tante. Les efforts ? Parler un peu plus fort. « Au début, il murmurait. Il a eu de la rééducation pour retrouver son timbre de voix ». Mais aussi bouger les yeux, fixer un objet, tenter de lire au-delà de deux mètres car sa vision est détériorée. « Il est capable de corriger les fautes d’orthographe mais il ne parvient pas à épeler les mots. »

« Petits miracles »

Chaque geste, effectué au quotidien, est aujourd’hui un petit miracle. La patience est souvent de mise. Comme le jour de Noël, où le garçon a tenté d’ouvrir un cadeau d’une seule main pendant dix minutes.

Depuis quelques jours, Marin s’alimente seul, après avoir réappris à déglutir. Et sa famille garde espoir, sans se voiler la face pour autant. Elle sait que les médecins prédisent de graves séquelles motrices et neurologiques.

Sens de l’humour

« Ils étaient étonnés de le voir sortir du coma, vu l’état de son cerveau. Mais les résultats du scanner n’étaient pas bons. Quand on en a eu connaissance, on a été abattus… trois minutes, raconte sa tante. Après, on a immédiatement repris notre bâton de pèlerin. Jusque-là, Marin a déjoué tous les pronostics. » Sans se départir de son sens de l’humour.

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« Il aime faire quelques blagues, il est très alerte », sourit Anne-Claire. Sa mémoire à court terme est en revanche altérée, au point de ne pas se souvenir de qui lui a rendu visite la veille et de croire qu’il s’agit certaines fois d’un rêve. De l’agression, il n’a plus aucun souvenir non plus.

« Parfois, il demande pourquoi il est à l’hôpital. Quand nous lui expliquons, il répond qu’il le referait sans hésiter même en sachant qu’il se retrouverait ici », conclut sa tante, particulièrement touchée par tous les messages de soutien postés sur Facebook.