Pour le Réseau éducation sans frontière (RESF), le procès de François Auguste avait valeur de symbole. Une peine d'amende de 450 euros a été requise hier à l'encontre de ce vice-président (PCF) de Rhône-Alpes. Agé de 54 ans, il comparaissait devant le tribunal correctionnel de Lyon pour « entrave à la circulation d'un aéronef » en soutien à une famille kosovare en voie d'expulsion. Dans son réquisitoire clément, la substitut du procureur de la République de Lyon, Claire Jacquin, a jugé que « le souhait de François Auguste était que l'avion ne décolle pas » ce 2 décembre 2006, alors que l'élu n'a cessé, durant l'audience, de défendre sa « liberté d'expression ».
Devant une salle remplie de membres l'association RESF et d'élus, la magistrate n'a cependant pas hésité à « saluer » l'engagement de François Auguste et à demander une dispense d'inscription de la peine sur son casier judiciaire. « Et si c'était à refaire ? », lui a lancé le président Fernand Schir après avoir entendu six témoins, dont le président PS de Rhône-Alpes, Jean-Jack Queyranne. « Je pense que je le referais, avec la même volonté d'utiliser la liberté d'expression », a répondu l'élu. Peu avant 14 h, le vice-président en charge de la démocratie participative à la région, criait à plus de 500 manifestants rassemblées devant le tribunal : « Nous sommes fiers d'être les délinquants de la solidarité ! ». « La fin d'année est particulièrement dure. Nous condamnons les méthodes d'arrestation et d'expulsion utilisées actuellement », a rappelé Mireille Peloux, l'une des porte-parole de RESF, qui attend le jugement avec impatience le 14 janvier.