Au musée des Tissus, menacé de fermeture, à Lyon.
Au musée des Tissus, menacé de fermeture, à Lyon. - P. Desmazes/ AFP

Son absence vendredi matin lors de la réunion, présentée comme celle de la dernière chance, a fait grincer quelques dents. A l’heure où l’Etat, la CCI, la région et quelques mécènes potentiels se sont réunis une nouvelle fois autour de la table afin de sauver le musée des tissus, voué à la fermeture, Gérard Collomb, président de la métropole et maire de Lyon, tenait une conférence de presse sur les aménagements en presqu’île.

Le préfet a été prévenu la veille au soir de sa non-venue. Les autres l’ont découvert le matin même, sans qu’aucune explication ne soit donnée.

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« Nous avons été surpris de voir qu’il n’y avait aucun représentant de la mairie, ni de la métropole. Est-ce pour marquer un désintérêt ? Ou pour signifier clairement un désengagement du dossier », s’interroge Florence Verney-Carron, en charge de la culture à la région. « Cette absence n’est pas bon signe. On ne pourra pas sauver le musée sans l’apport financier de la ville et de la métropole », ajoute-t-elle.

« Situation bloquée »

« La situation est bloquée. On tourne en rond. Cela fait trois ans que je me bats. J’ai l’impression d’être une balle de tennis que chacun se renvoie », lâche Emmanuel Imberton, tout aussi dubitatif.

Le président de la CCI, propriétaire de l’établissement, a toutefois confirmé qu’il n’aurait pas les moyens d’assumer le fonctionnement du musée en 2017.

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« Ma position n’a pas changé. Si on ne trouve pas d’accord, l’établissement fermera », ajoute-t-il se disant « pessimiste ». De son côté, Michel Delpuech, le préfet du Rhône préfère se déclarer « volontariste », précisant qu’un « sursis de trois mois » avait été accordé au musée. Un cabinet spécialisé a été mandaté pour effectuer un rapport qui doit être remis mi-février.

« Mais sans engagement de la ville et de la métropole, il n’y aura aucune possibilité de sauver le musée », admet le représentant de l’Etat. Et de déplorer : « S’ils ne sont pas venus, c’est qu’ils ne voulaient pas venir. Les absents ont toujours tort et la politique de chaise vide n’est jamais la meilleure de mon point de vue. Il arrivera un moment où il faudra en tirer les conclusions ».

« Des choix à faire »

« Nous ne pouvons pas aller plus loin dans le financement, nous n’apporterons rien de plus sachant que nous devons déjà faire face à d’importantes réductions budgétaires. Nous sommes obligés de faire des choix. MaisGérard Collomb continue de chercher des mécènes », répond la métropole de Lyon.

Chaque acteur conditionnant sa participation à celles des autres, le musée des tissus semble bien se rapprocher d’une mort certaine.

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