Reprise en 2012 au repreneur autrichien Windhager, l'entreprise Veninov de Vénissieux est de nouveau menacée de fermeture.
Reprise en 2012 au repreneur autrichien Windhager, l'entreprise Veninov de Vénissieux est de nouveau menacée de fermeture. - Philippe Merle AFP

Sur 87 salariés, 13 seulement avaient conservé leur emploi en 2012 au sein de la plus ancienne entreprise de Vénissieux, au terme d’un long combat social et judiciaire, largement médiatisé. Quatre ans plus tard, les employés de Veninov se retrouvent de nouveau sur la sellette, le repreneur autrichien Windhager ayant décidé de fermer l’usine le 10 novembre.

Un véritable « scandale » pour les salariés qui ont décidé de se mobiliser ce jeudi devant la société de fabrication de toiles cirées pour rappeler haut et fort les engagements faits par le groupe autrichien lors de la reprise de l’activité, mais « jamais tenus ».

Des aides publiques pour favoriser la reprise

« C’était un grand coup de bluff. Au final, il n’a jamais investi dans les outils de production pour que l’activité redémarre et il n’a jamais recréé d’emplois. L’objectif était l’embauche de 50 salariés en 2014 mais les effectifs n’ont jamais dépassé les 13 salariés, qui végètent depuis un bon moment », explique François Marques, secrétaire générale de l’union locale de la CGT de Vénissieux Saint-Fons Feyzin.

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Pour les salariés comme pour la maire communiste de Vénissieux Michèle Picard, la pilule a d’autant plus de mal à passer que pour favoriser la reprise de l’entreprise en 2012, les collectivités ont mis la main à la poche. « Dans cette affaire, l’Etat, mais aussi les collectivités territoriales se sont largement investis pour sauvegarder ce patrimoine industriel et faciliter la reprise d’une activité industrielle sur le site », rappelle l’édile dans une lettre adressée au premier ministre Manuel Valls.

La région et le Grand Lyon avaient alors mobilisé 140.000 euros. La ville de Vénissieux avait elle-même aidé à hauteur de 30.000 euros en assurant l’entretien et la protection de l’outil industriel.

Des recours possibles pour les salariés ?

« Le repreneur Windhager a bénéficié d’aides publiques pour finalement se débarrasser des treize emplois. Mais il conserve la marque Vénilia sur laquelle il va continuer à commercialiser et un terrain de 6 hectares en plein cœur de Vénissieux. Il a même fait transférer en Hollande les cylindres d’impression indispensables à la reprise de la production », s’insurge la CGT, déterminée à se battre contre cette « supercherie ».

Le syndicat envisage en effet de saisir le tribunal de Nanterre qui était intervenu en 2012 sur ce dossier. « Notre action aura pour objectif de rebattre les cartes afin que la marque et le terrain ne lui appartiennent plus », précise François Marques.

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Les salariés et la maire communiste de Vénissieux espèrent également une réaction politique et l’organisation d’une table ronde par le préfet du Rhône sur ce dossier, sur lequel, en 2011, en pleine primaire socialiste, Manuel Valls s’était engagé aux côtés des salariés. Arnaud Montebourg, alors ministre du Redressement productif, était également venu leur rendre visite quelques mois plus tard.

Le préfet du Rhône, qui a rencontré les dirigeants de Veninov récemment, devrait réunir prochainement les collectivités et le groupe autrichien lors d'une réunion de travail consacrée à l'avenir du site, a fait savoir à 20 Minutes la préfecture du Rhône. Les syndicats ne devraient pas être conviés à cette rencontre.

Contactée, la direction de Windagher France n’était pas disponible ce mercredi pour s’exprimer sur ce dossier. Dans une interview accordée le 20 octobre aux Echos, cette dernière avait indiqué, pour expliquer la fermeture du site de Vénissieux, que « le retour sur le marché » s’était avéré « plus complexe que prévu après deux ans d’absence ».

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