Les cours du préfet chahutés par des profs

Le dispositif d'apprentissage du français aux étrangers récemment annoncé par la préfecture du Rhône ne fait pas l'unanimité. Basé sur le volontariat de cent trente-sept retraités de l'Education nationale et agents de la préfecture formés depuis hier...

Carole Bianchi - ©2007 20 minutes

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Le dispositif d'apprentissage du français aux étrangers récemment annoncé par la préfecture du Rhône ne fait pas l'unanimité. Basé sur le volontariat de cent trente-sept retraités de l'Education nationale et agents de la préfecture formés depuis hier sur le campus de Bron, ce dispositif « dévalorise » les professeurs diplômés, selon un collectif d'enseignants et le syndicat Rhône-Alpes des personnels de la formation (Syrafor). Ce dernier, affilié à la CFDT, a fait part de ses inquiétudes dans une lettre envoyée hier au préfet, Jacques Gérault. Tout comme le collectif de professeurs de français langue étrangère (FLE) Attaque. « Des professeurs sont formés pour enseigner le français aux étrangers. Nous avons tous entre bac + 4 et bac + 8, alors que les personnes recrutées par la préfecture vont être formées en quatre jours. Notre métier est totalement ignoré », s'indigne Aurélie Tardy, 32 ans, relais du collectif FLE Attaque. Cette professeure qui enseigne depuis 1999 dans le Rhône explique par ailleurs que sa profession, où les vacations sont nombreuses, reste très précaire et méconnue. « Pour une fois qu'un projet était mis en place, nous ne sommes pas sollicités. C'est dévaloriser le diplôme que les étrangers obtiendront à la fin », poursuit-elle.

« Cette position n'est pas fondée, assure Alain Régnier, préfet délégué pour l'égalité des chances qui a participé à l'élaboration du dispositif. Les enseignants ne vont pas être lésés, car ils seront davantage sollicités pour faire passer les épreuves du diplôme. » Il explique d'ailleurs vouloir travailler main dans la main avec les six organismes de formation du département, qu'il doit rencontrer aujourd'hui.

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