L'huile d'olive bio proposée aux habitants provient d'une coopérative en Espagne
L'huile d'olive bio proposée aux habitants provient d'une coopérative en Espagne - patrice magnien

Ces derniers mois, leur initiative a été saluée par de multiples prix. Ces récompenses, comme celle remise en mars par l’Assemblée nationale à l’issue du concours S’engager pour les quartiers ou le prix coup de cœur obtenu vendredi du Fonds de dotation de La Vie Claire à Montagny, viennent saluer près de trois ans d’efforts et d’actions pour rendre enfin accessibles aux habitants des quartiers populaires des produits alimentaires locaux ou bio.

« Tout a commencé en 2013, avec la Fondation Abbé Pierre et le bailleur Est Métropole Habitat, d’un constat commun que lorsque l’on n’a pas d’argent, on s’oriente en termes de consommation vers le moins cher, au détriment souvent de la qualité. Notre souhait était de lutter contre les inégalités en matière de consommation », indique Boris Tavernier, fondateur de l’association Vrac (Vers un réseau d’achat en commun). Ainsi est née l’idée de commander, en vrac et en direct aux producteurs, des denrées de qualité.

Les habitants très impliqués

Pendant six mois, Boris a arpenté les quartiers, à la Duchère, dans le 9e arrondissement de Lyon, aux Noirettes à Vaux-en-Velin et aux Minguettes à Vénissieux. « C’était moi l’étranger, je devais me faire connaître, créer du lien pour pouvoir ensuite expliquer notre démarche », se souvient-il. Les habitants, impliqués dans le projet, n’ont pas tardé à adhérer au projet. « Ils se sentent valorisés », explique le créateur de l’association qui participe une fois par mois dans chaque quartier à la livraison des produits organisée dans les centres sociaux.

« Nous nous adaptons aux habitants, nous commandons en fonction de ce dont ils ont besoin pour faire à manger au quotidien », ajoute Boris. L’huile d’olive bio provient d’une coopérative d’Espagne, le miel d’un apiculteur de l’Ain, les jus de fruits de l’Isère et les fromages et produits laitiers d’une production du Haut-Bugey. Des produits d’entretien et d’hygiène peuvent également être commandés.

« On obtient ces produits à des prix très accessibles, en limitant les intermédiaires », ajoute le créateur de Vrac, soucieux également, à travers cette initiative, de favoriser le lien social. « Les distributions créent de nouveaux lieux de socialisation, les gens se rencontrent ». Autour des distributions, d’autres événements viennent ponctuellement animer et mobiliser les habitants autour du « bien manger ».

Dix groupements d’habitants à la fin de l’année

En avril, plusieurs femmes de Vaulx-en-Velin ont participé avec enthousiame et énergie à un concours de cuisine organisé avec Grégory Cuilleron et Alex Alexanian, deux chefs Lyonnais. Des visites chez les producteurs sont également proposées. « Derrière tout cela, il y a aussi un axe de travail sur la santé. On sait très bien que la mauvaise alimentation entraîne du diabète et de l’obésité. Il y en a beaucoup dans ses quartiers ».

Ces derniers mois, de nouveaux points de distribution ont ouvert à Oullins, à Vaulx-en-Velin, à Villeurbanne, Décines et Saint-Priest. L’association, soutenue depuis par d’autres bailleurs (Alliade, Lyon Métropole Habitat…) vise les dix groupements d’ici à la fin de l’année dans l’agglomération (Lyon 8e et Bron) et espère gagner du terrain au niveau national.

« Le concept Vrac a été déposé. Il est duplicable partout. L’idée, c’est que les groupements d’habitants prennent le relais pour la prise de commandes ce qui va nous permettre de nous développer et de vendre, en tant que prestation, notre savoir-faire et nos outils », précise Boris Tavernier.

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