ASSE: Pourquoi la défaite des Verts en finale de Coupe d'Europe 1976 est-elle toujours aussi culte?

FOOTBALL Le 12 mai 1976, Saint-Etienne s’inclinait (0-1) face au Bayern Munich, à Glasgow et ses fameux poteaux carrés. « 20 Minutes » vous explique en cinq points pourquoi cette date est toujours aussi clé, 40 ans plus tard…

Jérémy Laugier

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Vous aurez évidemment reconnu le bourreau préféré des Français Karl-Hein Rummenigge (à droite), ici au duel avec Patrick Revelli, lors de la finale du 12 mai 1976.

Vous aurez évidemment reconnu le bourreau préféré des Français Karl-Hein Rummenigge (à droite), ici au duel avec Patrick Revelli, lors de la finale du 12 mai 1976. — STAFF / AFP

Toute la France du football était verte il y a 40 ans. Avant une soirée organisée ce jeudi à Saint-Etienne pour célébrer l’anniversaire de la fameuse finale européenne de Glasgow, 20 Minutes décrypte en cinq points comment cette défaite (0-1 face au Bayern Munich) peut encore être aussi culte.

  • Le football français est à peine moins à la ramasse qu’à l’époque

Les ados actuels n’étaient pas nés lorsque l’équipe de France a remporté ses deux derniers titres majeurs, la Coupe du monde 1998 et l’Euro 2000. Hormis l’improbable finale de Ligue des champions de l’AS Monaco en 2004 [un cinglant revers 0-3 contre Porto], ils doivent chercher bien plus loin dans les livres d’histoire pour trouver trace de l’épopée d’un club français sur la scène continentale.

Dans les années 70, les Bleus se distinguent par leur absence lors de quatre compétitions majeures consécutives (Mondial 1970 et 74, Euro 72 et 76). Un champ de ruines que le champion de France stéphanois transforme en exploit en 1975-76. En exagérant à peine, c’est un peu comme si l’AJ Auxerre de Jean Fernandez s’était hissé en finale de la Ligue des champions 2011 dans la foulée du désastre de Knysna…

  • Le culte du perdant magnifique a de beaux jours devant lui en France

Juste avant le 8e podium sans sacre de Raymond Poulidor sur le Tour de France, la cruelle défaite des Verts en finale à Glasgow ne pouvait pas mieux tomber. À croire que le principal roman de Leonard Cohen Beautiful Losers, publié en 1966, va dès lors être le livre de chevet du sport français.

Au vu de l’étonnant défilé des joueurs stéphanois, accueillis en héros sur les Champs-Elysées le 13 mai 1976, on comprend que cette poétique issue lui convient même parfaitement. Quarante ans plus tard, la culture de la gagne n’est guère plus développée en France. Le public a même toujours autant de mal à supporter l’hégémonie d’un champion, que ce soit l’OL des années 2000 ou le PSG actuel, de même que Rafael Nadal à Roland-Garros ou Chris Froome sur le Tour de France.

  • Un hymne de stade comme celui de Monty manque au foot français

Sans l’entêtant refrain « Qui c’est les plus forts ? Evidemment c’est les Verts », toujours repris avant chaque match dans le Forez, le Chaudron ne serait pas tout à fait le Chaudron. Sorti pour ASSE-Bayern en 1976, le tube de Monty symbolise quelque part ce qui manque au football français.

A savoir ces hymnes historiques scandés par tout un stade à travers le temps, à l’instar d’un You’ll never walk alone faisant toujours autant frémir Anfield Road. Les grandes soirées de foot ont tout de suite plus de gueule lorsqu’elles sont ainsi lancées.

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  • Le vintage des années 70 plaît plus que jamais

Les shorts moulants, les cheveux longs et les vestes de jogging délirantes de l’épopée verte font toujours autant sourire. La même année que les exploits européens de la bande à Rocheteau face au Dynamo Kiev de Blokhine et au PSV Eindhoven, Spielberg sortait Les Dents de la Mer et les Eagles balançaient leur mythique Hotel California.

Le genre d’instants vintage qu’adorent se remémorer les nombreux supporters arborant encore fièrement le maillot vert « Manufrance » dans le Chaudron. Une époque entre deux chocs pétroliers qu’avait aussi tenu à filmer Cédric Klapisch dans son excellent Péril jeune (1994).

  • L’ASSE entretient à fond le souvenir de l’épopée

Les supporters lyonnais prennent un malin plaisir à chambrer leurs voisins pour leur nostalgie chronique des seventies. Il faut dire que l’ASSE fait tout pour entretenir cette période dorée (10 titres de champion de France entre 1957 et 1981). Le lancement du Musée des Verts en décembre 2013 en est la preuve éclatante, avec comme pièce vedette les poteaux carrés de la finale de Glasgow.

Le retour l’an passé de l’équipementier de l’époque Le Coq sportif avec son maillot au liseré bleu-blanc-rouge en est une autre démonstration. Les dirigeants stéphanois ont donc voulu marquer le coup ce jeudi (18 heures) sur la place Jean-Jaurès « pour l’amour des Verts », en invitant notamment Michel Drucker, Yannick Noah et The Avener. Afin de fêter une nouvelle fois, 40 ans après, une défaite…