Lyon: Les chauffeurs illégaux dans le viseur de la police

SÉCURITÉ Chaque jour, la brigade des Professions réglementées sillonne l’agglomération à la recherche des professionnels en illégalité…

Elisa Frisullo

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Lyon, le 7 avril 2016. Des policiers de la brigade des professions réglementées traquent aux abords de la gare de la Part-Dieul'exercice illégal de la profession de chauffeur de

taxi ou de chauffeur VTC.

Lyon, le 7 avril 2016. Des policiers de la brigade des professions réglementées traquent aux abords de la gare de la Part-Dieul'exercice illégal de la profession de chauffeur de taxi ou de chauffeur VTC. — Elisa Frisullo / 20 Minutes

Ce jeudi matin, Paul* est installé à la sortie de la Part-Dieu, à Lyon, aux abords du dépose-minute Vivier-Merle. Blouson en cuir, jean, l’homme se fond dans la masse de voyageurs qui sortent de la gare pour sauter dans un taxi ou prendre le tram à cette heure matinale où bon nombre de trains arrivent des quatre coins de la France. A leur descente du TGV, plusieurs hommes d’affaires délaissent la rangée de taxis en attente pour aller retrouver leur chauffeur réservé le plus souvent sur l’application Uber X.

Ses conducteurs privés au volant de grosses berlines de couleur foncée sont les cibles privilégiées des hommes de la brigade des affaires réglementées. Comme Paul, trois policiers sont chargés, notamment, de lutter contre l’exercice illégal de la profession de taxi. « Les voitures de tourisme avec chauffeurs (VTC) ont le droit de transporter une seule personne. Nous nous assurons qu’ils disposent bien de toutes les autorisations pour exercer cette profession », explique le policier, qui ce jour-là, cible davantage les LOTI. A savoir les chauffeurs censés faire du transport collectif et transporter au moins deux personnes.

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Des rondes autour des lieux fréquentés par les touristes

« Le problème, c’est que très souvent, ils ne chargent qu’une seule personne ou qu’ils attendent devant la gare que l’application les contacte. C’est interdit. Ils doivent repartir une fois leur course effectuée et stationner hors chaussée », ajoute Paul. Dans les cas les plus délictueux, les conducteurs s’improvisent chauffeurs privés sans être inscrits au registre des VTC. Autrement dit en toute illégalité.

« Des délits, on en fait au moins un par jour. Pour le reste, il s’agit surtout de contraventions liées à des infractions, comme l’absence de carte professionnelle apparente sur le véhicule », ajoute Jacques*, en maraude jeudi aux côtés de Paul.

Beaucoup de chauffeurs UberX

Depuis l’arrêt d’UberPOP, cette application Uber qui permettait de transporter des particuliers, sans formation, sans payer ni cotisations sociales ni d’impôts, la brigade est toujours sur le pont. « Cela n’a pas changé grand-chose. Beaucoup de chauffeurs UperPOP sont devenus des UberX. C’est mieux encadré, ce sont des professionnels. Ils ont dû faire une visite médicale, ils disposent d’une licence de transport. Mais il y a toujours de nombreux chauffeurs qui circulent en toute illégalité », précise Jacques.

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Pour trouver ces chauffeurs illégaux, qui concurrencent sérieusement les taxis et VTC en conformité avec la loi, les hommes de la brigade des Affaires réglementées se rendent dans les lieux les plus fréquentés par les touristes d’affaires. « Nous tournons beaucoup vers les gares, l’aéroport Lyon saint-Exupéry, à la Cité internationale mais également à Bellecour ou vers les Terreaux, où il y a beaucoup d’hôtels », ajoute Paul.

Jeudi matin, les abords de la Part-Dieu sont calmes. Mais alors qu’ils s’apprêtent à quitter la gare, les deux policiers repèrent un homme au volant d’une berline noir qui vient de faire monter à l’arrière un passager seul. Paul enfile son brassard de police et demande au conducteur les autorisations nécessaires.

Jusqu’à un an de prison et 15.000 euros d’amende

Après vérification, il apparaît que le chauffeur transporte des voyageurs sans être inscrit au registre des VTC. Sa carte professionnelle ne figure nulle part sur son véhicule. Le client, qui a réservé la course via son smartphone, doit descendre du véhicule pour trouver un autre moyen de transport. Le chauffeur est interpellé et transporté à l’Hôtel de Police pour être présenté à un officier de police judiciaire.

Pour l’infraction, il lui en coûte 180 euros d’amende et pour le délit, l’homme s’expose à une condamnation à an de prison et 15.000 euros d’amende.

*Prénoms d’emprunt.

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