Les supporters lyonnais étaient frustrés à double titre samedi dernier. Ils ont en effet été privés pour la première fois d'alcool et de concert d'après match.
Les supporters lyonnais étaient frustrés à double titre samedi dernier. Ils ont en effet été privés pour la première fois d'alcool et de concert d'après match. - KONRAD K. - SIPA

Samedi dernier, juste avant la rencontre de Ligue 1 entre Lyon et Nantes (2-0), les buvettes du Parc OL avaient préparé comme à chaque fois depuis janvier de nombreux verres de bière afin d’anticiper le rush des commandes d’avant-match.

Sauf que ce coup-ci, la plupart des supporters ont rebroussé chemin en constatant qu’il s’agissait de boissons sans alcool. « Au total, nous avons vendu deux fois moins de bières que lors des six premières rencontres au Parc OL. Et celles sans alcool coûtent un euro de moins », constate le stadium manager lyonnais Xavier Pierrot.

La décision d’arrêter la vente d’alcool dans sa nouvelle enceinte ne vient évidemment pas de l’OL. Le club doit systématiquement faire valider une autorisation de vente d’alcool à la mairie de Décines, où se trouve le stade. La réponse a pour la première fois été négative la semaine précédente.

« La vente d’alcool dans les enceintes sportives est réglementée et la loi ne permet que dix autorisations par an, indique la maire de Décines Laurence Fautra. Le club a 35 événements prévus en 2016 et il connaît cette feuille de route. Je suis dans mon rôle d’élu en faisant respecter la loi. »

L’OL s’appuie sur l’exemple des clubs de rugby

Sauf que l’OL, qui a déjà vendu de l’alcool à six reprises dans son nouveau stade, n’avait nullement prévu de se plier à cette loi. « Nous ne sommes pas sur ce schéma-là. Nous nous appuyons sur le rugby, qui a beaucoup plus l’habitude de vendre des bières que le football. Les mairies de Vénissieux, Toulon ou Clermont-Ferrand n’imposent pas cette limite. Nous assumons la sécurité des spectateurs, notamment grâce à une vidéosurveillance bien meilleure qu’à Gerland », répond Xavier Pierrot.

Dans son antre historique, l’OL avait déjà introduit la vente de bières alcoolisées depuis deux ans. Le club évitait juste d’en faire la demande à la Ville de Lyon lors des matchs de gala (OM, PSG, ASSE…), au vu « du dispositif global de sécurité pas optimum » au cœur de cette enceinte ouverte en 1920.

Un concert de rock a crispé les riverains et la mairie

Le problème entre l’OL et la maire (UMP) de Décines, opposée au projet du Grand Stade avant son élection en 2014, a clairement pris de l’ampleur suite à la victoire lyonnaise (2-1) face au PSG le 28 février. « Je suis tenue de faire respecter la tranquillité publique à Décines, confie fermement Laurence Fautra. Or ce n’est pas possible d’organiser un concert de rock après le match. Il y a eu des nuisances au-delà de minuit et j’ai reçu des courriers de la population dans la foulée. Imaginez donc le cocktail bière plus concert de rock… »

>> A lire aussi: Nos tops et nos flops pour la première de l'OL au Grand Stade

Face à ce constat, le club lyonnais a décidé de calmer le jeu en ne programmant plus (pour l’instant) ses concerts d’après-match, qui étaient très appréciés du public. « Nous avons toujours été à l’écoute des riverains, assure Xavier Pierrot. Nous aimerions discuter en direct avec eux pour comprendre ce qui leur pose problème. Je ne vois pas le lien fait entre la bière et les nuisances sonores du concert. »

Pas de bière alcoolisée pour l’Euro en France

L’interdiction d’alcool s’est même déjà révélée contre-productive pour la tranquillité aux abords du stade, samedi avant le match face à Nantes. « Il y avait une rumeur d’absence de vente d’alcool pour le match donc nous avons anticipé en achetant des packs de bière que nous avons bue avant de rentrer », explique un supporter. « Il y a moins d’incidents quand nous vendons de l’alcool que quand nous n’en vendons pas, assure Xavier Pierrot. C’est d’ailleurs pour limiter les débordements au niveau du Ninkasi [bar-restaurant du 7e arrondissement] que nous avons commencé à vendre de l’alcool à Gerland. Ce n’est pas une question d’argent. »

L'aspect économique semble pourtant assez essentiel aux yeux de son président, qui le souligne dans un échange de tweet avec un supporter.

A la mairie de Décines, Laurence Fautra n’a pas souhaité indiquer à 20 Minutes si l’alcool serait de retour le 16 avril au Parc OL, à l’occasion du match Lyon-Nice. « Cette soirée [OL-PSG] m’incite à la méfiance, c’est clair », prévient-elle. Elle sera en tout cas rassurée d’apprendre que seule de la bière sans alcool pourra être vendue lors des cinq matchs de l’Euro disputés dans sa commune à partir du 13 juin.

Mots-clés :