Le cardinal Philippe Barbarin, à Lyon, le 28 novembre 2015.
Le cardinal Philippe Barbarin, à Lyon, le 28 novembre 2015. - KONRAD K./SIPA

Alors qu’une seconde affaire de pédophilie présumée est venue s’ajouter mardi au scandale qui, depuis plusieurs semaines, fait vaciller l’église lyonnaise, le cardinal Barbarin a été contraint de sortir de son silence. Accusé par plusieurs victimes présumées d’avoir protégé deux prêtres soupçonnés d’actes pédophiles, le Primat des gaules s’est exprimé sur ces sujets mardi à Lourdes en marge de l’assemblée de la Conférence des Evêques de France, martelant n’avoir « jamais couvert aucun acte pédophile » et assurant « prendre ses responsabilités ».

Christian Terras, fondateur de Golias et rédacteur en chef des revues catholiques progressistes Golias Hebdo et Golias Magazine, livre à 20 Minutes son sentiment sur l’avenir du cardinal.

Comment, selon vous, l’église et l’archevêque Philippe Barbarin peuvent se sortir de ce scandale ?

Si les affaires commencent à sortir les unes après les autres, l’archevêque de Lyon va se retrouver dans une position intenable. Les victimes témoignent à visage découvert, ce qui est très rare dans l’église, et elles attaquent les responsables catholiques pour non-dénonciation d’agressions sexuelles, ce qui aggrave encore la situation. La boîte de pandore est ouverte. Je ne vois pas comment le cardinal pourrait tenir jusqu’au bout si les affaires et les plaintes se multiplient.

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Aujourd’hui, le cardinal a le soutien de Rome…

Oui, le cardinal Barbarin connaît bien le Pape depuis plusieurs années. Les deux hommes sont en contact, ils s’appellent régulièrement. Depuis le début de cette affaire, il a le soutien du Pape François mais jusqu’à quand ? Si le Pape reste ferme sur ses positions au sujet de la pédophilie et si le scandale continue de s’amplifier à Lyon, cela va devenir compliqué.

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Selon-vous, l’archevêque aurait dû démissionner ?

Il est sans doute un peu trop tôt pour qu’il démissionne. Mais si les affaires devaient s’accumuler, si la justice conclut qu’il y a eu non-dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs, suite aux plaintes visant le cardinal et des membres du diocèse de Lyon, il sera amené à démissionner. Il devra le faire pour se protéger mais également pour protéger l’Institution.

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