Lyon, le 13 mars 2016. Illustration lors d'une messe en la primatiale Saint-Jean.
Lyon, le 13 mars 2016. Illustration lors d'une messe en la primatiale Saint-Jean. - Elisa Frisullo / 20 Minutes

Ce dimanche matin, alors qu’un vent glacial s’abat sur la place Saint-Jean dans le Vieux-Lyon, des fidèles s’attardent quelques instants sur le parvis de la cathédrale, à la sortie de la messe. On se serre la main, on se sourit, on prend des nouvelles des uns et des autres.

Emmitouflés dans leurs manteaux, la mine rosie par le froid, certains se regroupent quelques instants pour évoquerl’homélie du prêtre, consacrée, en ce cinquième dimanche du carême, au péché et à la miséricorde. Deux thèmes qui paraissent essentiels, pour les fidèles que 20 Minutes a rencontrés, en ces temps troubles que traverse l’église lyonnaise depuis la mise en examen du père Preynat, soupçonné d’agressions sexuelles sur des scouts.

Une affaire « montée en épingle »

« Cette affaire a été montée en épingle par les journalistes. On s’acharne sur l’église. Un homme a commis une faute et c’est toute l’église qui se retrouve montrée du doigt », estime Véronique, une catholique pratiquante qui, comme beaucoup de fidèles, a suivi l’évolution de l’affaire de pédophilie.

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Elle accepte d’en parler sans tabou, tout comme son amie Anne, également présente à la messe donnée en la primatiale. « Avant, ces choses-là étaient cachées. C’est important que l’on puisse parler de ce qui s’est passé pour les familles qui ont été blessées. Il est essentiel qu’elles sachent que nous sommes à leur écoute », explique cette Lyonnaise, « guidée par la foi ».

« Nous prions pour l’archevêque et les victimes »

« Les actes de ce prêtre, nous les condamnons, mais nous ne condamnons pas la personne. C’est un fils de Dieu, il a droit au pardon, comme chacun d’entre nous », ajoute cette fidèle d’une cinquantaine d’années, choquée que l’église se retrouve mise en cause en marge de cette affaire.

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Depuis la mise en examen du prêtre, des victimes présumées du père Preynat ont déposé plainte contre l’archevêque de Lyon Philippe Barbarin et des membres du diocèse pour « non-dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs de quinze ans » et « mise en péril ». « L’archevêque a besoin de tout notre soutien, encore plus dans ces moments-là. Nous prions pour lui et pour les victimes », ajoute Anne.

« Nous pouvons essayer de pardonner »

Christophe, 52 ans, s’est également tenu informé de l’affaire Preynat et a suivi les déclarations du cardinal Barbarin à ce sujet. « Il a donné un certain nombre d’explications. Il a pris acte de ce qu’avait fait ce prêtre et l’a démis de ses fonctions », explique ce fervent catholique qui « garde toute confiance en son évêque » et lui « reste fidèle ».

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« Après, sur les affaires de pédophilie, comme sur d’autres sujets qui ont touché l’église, il y a une plus grande transparence, une meilleure communication. L’église vit au milieu de la société, et non en marge de la société civile. Il faut que les choses sortent et je crois qu’elle en a conscience », ajoute le quinquagénaire, prêt lui aussi « en cette année de la miséricorde », à accorder son pardon.

« Quand on a la foi, on peut essayer de pardonner, même si les actes dont nous parlons nous paraissent odieux et incompréhensibles, ajoute Edwige, une mère de famille de 47 ans. Pour être honnête, je n’y suis pas totalement parvenue, je suis sur le chemin du pardon.»

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