L’organisation écologiste WWF-France n’hésite pas à comparer la pollution du Rhône aux PCB à un «nouveau Tchernobyl» pour alerter les pouvoirs publics. Pernicieux et invisible, ce polluant d’origine industrielle, plus connu sous le nom de pyralène, a été détecté dès 2005 en amont de Lyon.

Aujourd’hui, il est interdit de consommer les poissons du Rhône pêchés depuis l’Ain jusqu’à l’embouchure de la Méditerranée. Selon nos sources, une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Lyon en avril après la multiplication de plaintes contre X pour pollution déposées par les collectivités et les associations de l’agglomération lyonnaise. Depuis, la section de recherches de la gendarmerie est chargée d’instruire ce dossier épineux. «L’intérêt est surtout d’éclaircir le débat», souligne un magistrat.

Si beaucoup reconnaissent que la désignation d’un coupable sera difficile -les origines de la pollution étant multiples- ces procédures auront permis d’interpeller l’Etat, resté longtemps silencieux. Mais WWF, qui s’est saisi du dossier fin août, ne veut pas se contenter d’une cartographie de la pollution promise en août par la secrétaire d’Etat UMP à l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet. «On ne mesure pas toutes les conséquences des PCB sur la santé», Cyril Deshayes, responsable du programme Eaux douces au WWF-France.


Pollution du Rhône aux PCB
envoyé par WWF_France

Par endroits, la pollution remonte à plus de vingt ans. Une usine de traitement des PCB, Trédi, basée à Saint-Vulbas (Ain), a par exemple rejeté dans les années 1980 d’importantes quantités de pyralène avec l’autorisation de la préfecture. «Qu’en est-il des familles qui habitent à cet endroit? Et des populations asiatiques, friandes des poissons du Rhône? Il est urgent d’entamer des études épidémiologiques», poursuit-il. Depuis quelques jours, l’association diffuse sur son blog des interviews, «pour soulever les questions trop longtemps étouffées».

Parmi les témoignages, celui de l’unique pêcheur professionnel de Lyon, qui a cessé son activité depuis deux ans. Cédric Giroud semble amer. Il ne comprend pas pourquoi il a fallu autant de temps pour que les autorités commencent à s’emparer du sujet.
fertilité Les PCB ou polychlorobiphényles, interdits à la vente depuis 1987, peuvent être cancérogènes pour l’homme et ont une série d’effets néfastes chez l’animal, notamment sur la fertilité.

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