Le cardinal Philippe Barbarin est rentré mardi à Lyon pour entamer une convalescence l'amenant à réduire ses activités, après une hospitalisation en Martinique, où il a subi un triple pontage coronarien à la suite à d'un double malaise cardiaque.
Le cardinal Philippe Barbarin est rentré mardi à Lyon pour entamer une convalescence l'amenant à réduire ses activités, après une hospitalisation en Martinique, où il a subi un triple pontage coronarien à la suite à d'un double malaise cardiaque. - Andreas Solaro AFP

L’affaire embarrasse le diocèse de Lyon. La Parole Libérée, association des victimes présumées d’un prêtre pédophile, s’apprête à porter plainte contre le cardinal Barbarin, archevêque de Lyon pour « non-dénonciation de faits d’agressions sexuelles ».

Ce dernier a confessé la semaine dernière dans une interview accordée à La Croix qu’il était au courant des agissements du père Preynat depuis 2007 et non depuis l’an dernier, comme il l’avait déclaré au préalable.

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Alerté près de quinze ans après les faits, le cardinal Barbarin n’a jamais révoqué le prêtre fautif, décidant seulement de prévenir sa hiérarchie à Rome. Le père Preynat, qui a exercé jusqu’à l’été 2015, mis discrètement sur la touche à ce moment, est soupçonné d’avoir agressé sexuellement et violé des scouts de 1986 à 1991 alors qu’il encadrait le groupe Saint-Luc à Sainte-Foy-les-Lyon.

 

La plainte de l’association pourrait être déposée en « fin de semaine prochaine ou début de la suivante » selon La Croix. Elle ne devrait pas concerner uniquement Monseigneur Barbarin.

Régine Maire, membre du conseil épiscopal du diocèse de Lyon et chargée par le cardinal Barbarin de recevoir les victimes, mais aussi le cardinal Gerhard Ludwig Müller et Mgr Luis Francisco Ladaria Ferrer, respectivement préfet et secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi, auxquels le cardinal Barbarin avait référé, pourraient être visés également.

 

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Le diocèse de Lyon avait été informé peu de temps après les faits, le cardinal Decourtray, archevêque de Lyon à l’époque, avait été contacté directement par les parents des scouts. Il avait alors pris la décision de suspendre le prêtre six mois avant de le nommer dans une autre paroisse, sans l’empêcher d’être au contact d’enfants.

Depuis le mois de décembre, dix plaintes ont été déposées à l’encontre de l’homme d’église. Si pour la majorité des victimes présumées, les faits sont trop vieux pour être pris en compte par la justice, pour quatre anciens scouts, les agressions présumées ne sont pas prescrites.

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