Jean-Pierre Martin, oncologue et Agnès Fontaine, auteurs du livre
Jean-Pierre Martin, oncologue et Agnès Fontaine, auteurs du livre - C. Girardon / 20 Minutes

Lorsqu’elle a pris la plume la première fois, c’était pour écrire à ses fils. Leur expliquer pourquoi à l’époque, elle avait préféré taire sa maladie et leur cacher son cancer du sein. Leur raconter ce qu’elle avait vécu en silence. La deuxième c’était l’an dernier.

Agnès Fontaine, professeur de mathématiques à Lyon, vient d’éditer un petit livre « Vingt femmes face au cancer du sein » en collaboration avec Jean-Pierre Martin, oncologue à l’hôpital Jean Mermoz, aujourd’hui à la retraite.

L’épreuve de l’annonce

« On m’a diagnostiqué un cancer en 2002 lorsque j’avais 39 ans. J’avais envie de relater l’annonce de la maladie car il y a eu un tel décalage entre ce que j’ai cru comprendre et ce que me disait le médecin », explique-t-elle. L’idée a ainsi germé de mettre en scène 20 femmes pour montrer « l’extrême variété des situations » : des mères de famille, des célibataires, des cordons-bleus, des artistes, des sportives, des divorcées, des femmes d’affaires. Elles s’appellent Anaïs, Coralie, Daphné, Zoé ou Salomé.

Chacune fait l’objet d’un chapitre. Le lecteur suit ainsi des bouts de parcours vécus par les unes et les autres : l’annonce du cancer, la première chimio, la perte des cheveux, la réaction de l’entourage. « Les personnages sont fictifs mais les anecdotes sont réelles. Ces femmes sont des patientes que j’ai connu sous d’autres noms », précise le professeur Martin.

« Pas un mode d’emploi du cancer »

« Beaucoup d’entre elles se demandent pourquoi elles ont un cancer ? On ne peut malheureusement pas leur répondre. Vous pouvez avoir la même histoire pathologique à l’origine, la même tumeur, le même traitement et avoir un destin complètement différent à l’arrivée. Ce livre n’est pas un mode d’emploi du cancer. Il n’apportera pas les réponses cherchées. Il s’adresse aux femmes mais surtout à leur entourage », avertit l’oncologue. Un entourage souvent désarçonné.

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« L’objectif de ce livre est que la famille, les amis découvrent ce qui peut se passer dans la tête d’une patiente, les questions qu’elle se pose et qu’elle n’osera jamais dire », ajoute Agnès Fontaine. « Je n’ai parlé de ma maladie qu’à mon aîné. Mes autres enfants l’ont su cinq et dix ans après. Au travail, j’ai fait comme si de rien n’était. J’avais été opérée pendant les vacances estivales. J’avais recommencé à enseigner en septembre, avec une perruque, sans jamais laissé paraître ».

« Mon entourage était parfois perplexe. En réalité, j’ai fait comme j’ai pu. J’étais dans le déni, j’avais besoin que tout soit normal autour de moi. Mais avec le recul, je ferai aujourd’hui les choses différemment. »

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