Le site pilote de la Ferme urbaine de Lyon doit ouvrir d'ici cet été sur le campus de la Doua à Villeurbanne.
Le site pilote de la Ferme urbaine de Lyon doit ouvrir d'ici cet été sur le campus de la Doua à Villeurbanne. - © FULIllustration S. Buttarazzi

Produire en grande quantité, en pleine ville, avec peu d’énergie, sur un petit espace et dans un esprit de développement durable. Deux ans après avoir dévoilé leur concept à Lyon, les créateurs du projet de première ferme maraîchère urbaine, s’apprêtent à franchir une nouvelle étape.

« D’ici à la fin du printemps, nous allons installer notre premier prototype à l’Insa [une école d’ingénieurs], sur le campus de la Doua. Ce site vitrine doit nous permettre de faire la preuve du concept pour montrer à tous que le système fonctionne », indique Philippe Audubert, président des Fermes Urbaines Lyonnaises  (FUL). Ce site pilote est également destiné à affiner les solutions innovantes de production créées par les ingénieurs, urbanistes et architectes à l’initiative du projet avant le lancement d’une production à grande échelle prévue en 2017.

Produire dix fois plus qu’en plein champ

La Ferme urbaine lyonnaise, qui se veut « un allié » et non un concurrent de l’agriculture traditionnelle repose sur des technologies innovantes. Les produits sont cultivés hors sol, en étages, avec 90 % de pesticides et d’eau en moins que dans la culture conventionnelle. « Nous voulons faire la démonstration que nous pouvons produire dix fois plus que dans un champ en utilisant très peu de foncier », ajoute le directeur général de la start-up, Christophe Lachambre.

La ferme pourrait notamment s’installer dans des friches industrielles, en sous-sol ou sous les toits d’un immeuble, ou sur du foncier non utilisé, le long des périphériques notamment. Pendant la phase de test, des salades seront cultivées dans la ferme, organisée en tapis roulants superposés. La production sera faite sous lumière artificielle, puis sous serre.

Safran, fraises des bois, arnica

« Très vite nous allons passer à la production de légumes et de plantes intéressant à la fois l’industrie agroalimentaire, mais également l’industrie pharmaceutique, cosmétologique ou phytosanitaire », ajoutent les créateurs lyonnais. Ils aimeraient notamment faire pousser de la fraise des bois et cultiver du safran ou de l’arnica montana. Autrement dit, des végétaux coûteux à produire aujourd’hui dans l’agriculture traditionnelle.

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Pour financer leur site vitrine, les entrepreneurs ont récolté fin 2015 465.000 euros dans le cadre d’une levée de fonds. L’Etat leur a également accordé une subvention de 200.000 euros dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir. L’Adème Rhône-Alpes les a soutenus à hauteur de 61.000 euros.

Plusieurs industriels seraient intéressés par ce concept de culture nouvelle génération, notamment dans le domaine de la chimie verte. Si le site pilote fait ses preuves, la première ferme maraîchère à grande échelle devrait ouvrir courant 2017, selon les entrepreneurs, qui espèrent pouvoir faire sortir de terre leur ferme high-tech dans la région lyonnaise.

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