Lyon ouvre la deuxième piste de ski indoor de France.
Lyon ouvre la deuxième piste de ski indoor de France. - Urban Ski

Du ski en salle ? Une idée qui peut paraître incongrue lorsqu’on habite un pays qui ne manque pas de montagnes. Qu’importe. Cela n’a pas effrayé le complexe de loisirs OnlyKart, situé à Dagneux, aux portes de Lyon. Il ouvrira vendredi la seconde piste de ski indoor de France, la première se trouvant près de Bordeaux. 20 Minutes a chaussé les spatules pour tester en avant-première ce tout nouveau concept.

  • A-t-on l’impression d’être à la montagne ?

Si vous êtes un inconditionnel de la montagne, que vous aimez respirer le grand air à plein poumons, vous perdre dans les sapins ou lézarder au soleil en terrasse, il y a de fortes chances que vous ne soyez pas convaincus. Ici, la piste est un tapis roulant de 9 m de long sur 5 m de large, qui défile sous les skis et vous permet de dévaler la pente en continu dans une salle fermée.

« Cela ne remplace pas la montagne. L’idée n’est pas de copier les stations de ski », affirme Emeric Ruget, le directeur des lieux. C’est plutôt d’attirer une nouvelle clientèle : des groupes prêts à rire une heure pour un enterrement de vie de garçon ou des séminaires, des skieurs en manque de confiance qui voudraient retrouver quelques repères. Ou des débutants tout simplement.

  • Est-ce dangereux ?

Votre argument préféré ? « C’est trop dur, la neige, elle est trop molle. » Avertissement aux Josiane Balasko en puissance : cette fois, vous n’aurez plus aucune excuse. Car la piste que vous allez dévaler est à base de polypropylène, une sorte de plastique, légèrement humidifié. « Oui, mais ça va trop viiiiiiiiiiiiiiiiiiiiite », répondriez-vous. Non car la vitesse du tapis et l’inclinaison de la pente sont réglées par télécommande.

Emmanuel Roques, moniteur de ski, veille au grain. « La vitesse peut aller de 1 à 25 km/h en fonction du niveau de l’élève », explique-t-il. A tout moment, il peut stopper le glissement continu de la piste, notamment lorsque vous sortez du tapis. Au moins, on évite la rupture des ligaments croisés dès la première descente.

  • Est-ce facile ?

Le ski n’a plus de secret pour vous ? Un conseil : ne tentez pas de faire la godille pour épater le moniteur de ski, vous risquez de finir les fesses sur le tapis en deux secondes. Car ce fourbe de tapis vous empêche de glisser comme d’habitude, brouillant tous vos repères. « On est obligé de reprendre les bases », annonce Emmanuel. Entendez par là : le chasse-neige !

Il est temps de vous remémorer les heures les plus sombres de vos cours de ski, quand vous suiviez en file indienne le moniteur ESF, les mains sur les genoux pliés. Car avant de vous amuser comme des petits fous, il faut un certain temps d’adaptation, quel que soit votre niveau. « Les dix premières minutes sont frustrantes. Il faut compter un cours pour avoir de bonnes sensations. Moi-même, j’étais sceptique au début, mais aujourd’hui, je suis totalement séduit », confie le moniteur.

« C’est l’idéal pour les enfants qui veulent apprendre à skier », ajoute Emeric Ruget. Pas de vent, ni de froid, ni de plaque de verglas. « La pédagogie est la même. C’est plus dur techniquement de skier sur le tapis. Alors quand vous savez faire, vous savez skier sur la neige. »

  • Est-ce fun ?

​Il faut bien l’avouer : les dix premières minutes vous laissent sur votre faim. Mais dès la deuxième session (il y en a trois pendant le cours), on commence à se détendre, à réussir quelques virages glissés et à trouver le challenge excitant.

Le défi devient dès lors bien plus amusant et l’on regrette que le cours ne dure guère plus. « Une heure équivaut à une grosse demi-journée de ski à la montagne, au niveau de l’apport technique », précise le moniteur. Oui, précisons qu’à l’issue, les courbatures aux cuisses ne sont pas exclues…

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