L'ancien joueur de football Ghislain Anselmini arrive au tribunal, 11 janvier 2016 à Chambéry
L'ancien joueur de football Ghislain Anselmini arrive au tribunal, 11 janvier 2016 à Chambéry - JEAN PIERRE CLATOT AFP

De notre envoyée spéciale à Chambéry (Savoie)

« Je n’ai jamais voulu cela. Jamais ! ». A la barre, Ghislain Anselmini insiste sur les mots, plongeant son regard dans celui de la présidente de la cour d’assises de Savoie, où il est jugé depuis lundi. L’ex-footballeur est soupçonné d’avoir commandité le rapt manqué de Fabrice Fiorèse, ancienne petite gloire du ballon rond avec lequel il était brouillé depuis quelques années.

Le sportif le reconnaît : il nourrissait de l'« animosité », « une grosse rancœur » à l’égard de son meilleur ami, qu’il n’hésite pas à présenter comme un magouilleur. Et d’accuser ce dernier d’avoir effectué plusieurs donations frauduleuses au club de Marcy-l’Etoile dans lequel lui-même évoluait. « J’ai été le seul à être condamné dans cette affaire. Il n’a pas assumé sa responsabilité ».

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Déçu, frustré, le joueur s’éloigne de son compère. Mais pas de sa femme dont il « était vraiment, vraiment, vraiment, vraiment [sic] très proche ». « J’avais une affection énorme pour elle », explique-t-il refusant d’en dire plus. A l’époque, Anselmini n’était pourtant pas avare de confidences. L’homme raconte ses déboires financiers à qui veut l’entendre, livrant également de nombreux détails sur la vie menée par Fabrice Fiorèse.

500.000 euros cachés au domicile de Fabrice Fiorèse

« Je parlais trop. Il fallait que je m’épanche ». Les voyous du quartier n’en auraient pas perdu une miette, selon la thèse émise par l’avocat du footballeur. C’est ainsi qu’il aurait été contacté par l’un des quatre autres accusés, au courant que Fiorèse avait l’intention de planquer chez lui 500.000 euros provenant d’un dessous-de-table en Suisse. Une version qui diverge de la thèse retenue par le juge d’instruction.

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« Il m’a proposé de trouver une solution. Je lui ai répondu que je ne mangeais pas de ce pain-là », insiste Ghislain Anselmini qui finira par accepter de voler son meilleur ami et de partager la somme trouvée sur place. « Je ne vais pas mentir. J’ai changé d’avis car j’étais acculé de dettes et interdit bancaire. Fabrice n’a pas voulu m’aider. J’ai souhaité ce cambriolage mais sans la présence des époux Fiorèse », justifie le footballeur se défendant d’être un homme violent.

« Un homme hypocrite »

Violent ? Peut-être pas reconnaît l’avocat général. Mais une personne « cynique » « hypocrite » n’ayant pas hésité à trahir la confiance de « son amie », qu’il continuera de fréquenter jusqu’en mars 2014, soit un an et demi après l’agression. « Vous faites preuve de compassion à l’égard d’une femme dont vous êtes responsable des malheurs », gronde-t-il.

« Je suis loin d’en être fier. J’ai eu de gros remords par la suite. Et aucun cas, je n’ai voulu leur faire le moindre mal », répète le sportif. Son avocat préfère lui, évoquer un homme « dépassé par la violence » des accusés.

Les époux Fiorèse doivent témoigner ce jeudi après-midi.

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