Chambéry, le 11 janvier 2016. Ghislain Anselmini à son arrivée à la cour d'Assises de Savoie.
Chambéry, le 11 janvier 2016. Ghislain Anselmini à son arrivée à la cour d'Assises de Savoie. - Jean-Pierre Clatot / AFP
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De notre envoyée spéciale à Chambéry (Savoie)

Le visage fermé, le regard grave, il fixe la cour sans sourciller, grattant parfois sa barbe de trois jours. Alors que la présidente de la cour égrène les faits qui lui sont reprochés, Ghislain Anselmini ne bronche pas.

L’ancien joueur de l’Olympique lyonnais comparaît aux côtés de quatre autres prévenus depuis lundi devant la cour d’assises de Chambéry (Savoie), soupçonné d’avoir organisé l’enlèvement manqué de son ex-meilleur ami, Fabrice Fiorèse, lui aussi joueur de foot, ancien du PSG et de l'OM, notamment.

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« Commanditaire est un costume bien trop grand pour lui », assure Jean-François Barre, l’avocat de l’accusé. « C’est une piste de réflexion émise par les enquêteurs, reprise par le juge d’instruction. Mais il n’est pas le cerveau de cette opération. » Le footballeur a pourtant admis être impliqué dans la mésaventure survenue à Fabrice Fiorèse.

Le 28 septembre 2012, ce dernier se fait agresser à son domicile secondaire situé à Salins-les-Thermes. Alors qu’il s’apprête à sortir de chez lui, trois individus cagoulés débarquent et l’obligent à reculer dans la cour.

Fiorèse s’échappe en brisant la fenêtre de la voiture

Sortant de leur automobile, ils lui réclament 500.000 euros qu’il aurait planqués dans sa maison. Ils le mettent alors en joue, lui placent un couteau sous la gorge, lui arrachent les cheveux, tentent en vain de lui tirer dans la jambe et l’obligent à monter en voiture avec eux. Le footballeur finira par s’échapper en donnant un coup de pied dans la vitre du véhicule et en se jetant par la fenêtre.

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Ghislain Anselmini « ami de 20 ans », avec lequel il était brouillé quelques années, serait donc à l’origine de ce rapt avorté, selon l’accusation. « Il a reconnu avoir été complice du vol. Il a renseigné les cambrioleurs notamment sur l’endroit où Fabrice Fiorèse cachait une partie de son argent. Cette information lui avait été donnée par l’épouse [dont il était resté très proche]. Mais en aucun cas, il a commandité l’enlèvement », plaide Jean-François Barre.

« Il n’a pas agi par vengeance »

Pourquoi avoir ainsi agi contre son ancien meilleur ami ? Anselmini connaissait de grosses difficultés financières. Il avait d’ailleurs fait l’objet d’un redressement fiscal de 300.000 euros en 2003. Les deux hommes étaient par ailleurs brouillés à cause d’une affaire de malversation, rappelle la cour. « Anselmini a détourné de l’argent donné par son ami au club de Marcy-l’Etoile [dans le Rhône] qu’il entraînait », rapporte Michel Jugnet, avocat des parties civiles.

« Mon client a été le seul à avoir été condamné dans cette affaire, rétorque Jean-François Barre. De là, est née une grande déception à l’égard de Fabrice Fiorèse. Mais il ne s’agit pas de vengeance comme j’ai pu le lire. Il a agi par déception. Imaginer qu’il est allé monter une équipe pour voler avec ses armes ses amis, me paraît très compliqué ».

 

« Les époux Fiorèse l’ont hébergé, l’ont aidé financièrement. Ils ont fait en sorte de lui trouver du travail. Aujourd’hui, ils se sentent véritablement trahis et sont traumatisés », insiste Michel Jugnet.

Fabrice Fiorèse et sa femme, absents des débats lundi, devraient venir témoigner jeudi après-midi devant la Cour. Ghislain Anselmini sera lui entendu mercredi matin.

 

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