Illustration d'une intervention chirurgicale en bloc opératoire.
Illustration d'une intervention chirurgicale en bloc opératoire. - 20 MINUTES/SIPA

Il est devenu en quelques années une référence. A tel point que les patients viennent parfois de très loin. 56 % des personnes qui veulent changer de sexe en France se font opérer dans le service d’urologie de l’hôpital Lyon-Sud.

« Nous avons réalisé 150 interventions chirurgicales en 2015 et enregistré entre 200 et 300 consultations, dévoile le professeur Nicolas Morel Journel. Il y a une explosion des demandes actuellement. Et cela pour plusieurs raisons : la société est plus tolérante. Les gens osent davantage franchir le pas ».

Des patients de 14 à 70 ans

Le profil des patients est d’ailleurs très varié : des hommes, des femmes, âgé(e) s de 14 à 70 ans, des chefs d’entreprise, des ouvriers. « Cela touche aussi bien les milieux ruraux que ceux du spectacle. On a des patients ayant eu une enfance très difficile, lourde à assumer et d’autres qui ont été choyés par leur entourage », poursuit le médecin.

Autres raisons expliquant l’accroissement des demandes de réassignation sexuelle : la multiplication des blogs internet sur lesquels les patients peuvent trouver des informations, et échanger sur leur vécu. Sans oublier l’image de la chirurgie française en la matière qui s’est beaucoup améliorée ces dernières années.

« Travail d'orfèvre »

La réputation de Nicolas Morel Journel n’est d’ailleurs plus à faire. Sur les forums, l'urologue est considéré comme un « véritable orfèvre », « un homme humble et extraordinaire ». Les patient(e)s ne tarissent pas d’éloge sur lui. Aujourd’hui, la liste d’attente s’allonge. Il faut compter trois ans en moyenne pour une vaginoplastie et deux ans pour la construction d’un pénis.

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R. (qui a préféré gardé l’anonymat) devra patienter encore 18 mois avant de se faire opérer. « Si ça ne tenait qu’à moi, je le ferai demain car j’ai besoin de cette chirurgie pour avoir des relations sexuelles. Mais il n’y a pas de place avant », rit le jeune homme, 30 ans, originaire de Syrie.

Deuxà trois ans d'attente pour passer sur le bloc

« Je suis né fille mais je me suis toujours senti garçon », raconte-t-il. Ayant déjà subi deux opérations dans son pays, R. s’est installé en France, l’an dernier. « Ici les gens sont beaucoup plus ouverts d’esprit. J’ai la chance d’avoir des parents qui me comprennent et qui me soutiennent dans ma démarche. Mais mon oncle et d’autres personnes me rejettent car la société n’approuve pas. »

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Angie, jolie jeune fille rousse de 21 ans habitant Montpellier, a été opérée mardi, après presque deux ans d’attente. « Au début, cela paraît très long. Mais ce délai est finalement nécessaire pour se préparer physiquement et psychologiquement car il s’agit d’un changement radical et irréversible », explique-t-elle. Née garçon, elle a entrepris ses premières démarches de transition il y a trois ans.

« Pas le choix »

« Elle n’avait pas le choix, contrairement à ce que la plupart des personnes pensent. Cette transformation est obligatoire. On n’imagine pas la souffrance que les transsexuelles ou autres personnes qui se sentent en inadéquation avec leur sexe, peuvent avoir », complète Evelyne, sa maman, « bluffée » par le résultat de l’opération.

En France, on estime à 60.000 le nombre de transsexuel (le) s même si aucun chiffre officiel n’existe.

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