OL: Trois anciens joueurs rendent hommage à Gerland avant les adieux

FOOTBALL Alain Caveglia, Sidney Govou et Jean-Marc Chanelet confient leurs meilleurs souvenirs du stade de Gerland, qui va vivre son dernier match de Ligue 1 samedi (17 heures) face à Angers…

Propos recueillis par Jérémy Laugier

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Sidney Govou célèbre ici avec le Kop Virage Nord de Gerland et Florent Malouda le 6e titre de l'OL en avril 2007, après un succès (2-1) face au Mans.

Sidney Govou célèbre ici avec le Kop Virage Nord de Gerland et Florent Malouda le 6e titre de l'OL en avril 2007, après un succès (2-1) face au Mans. — JEFF PACHOUD / AFP

L’OL aurait évidemment aimé rendre hommage à Gerland dans de meilleures conditions. 4e de L1 et incapable de remporter le moindre match depuis le derby (3-0) le 8 novembre, le club lyonnais va tout de même célébrer les adieux de son stade historique samedi (17 heures) face à Angers.

Si Alain Caveglia, désormais directeur sportif du SM Caen, ne pourra faire partie de la centaine d’anciens joueurs assistant à ce rendez-vous, Sidney Govou et Jean-Marc Chanelet seront bien là. Les trois anciens joueurs, qui ont marqué les années 90 et 2000 de l’OL, ont confié à 20 Minutes leur attachement à Gerland.

Leurs plus grands souvenirs vécus à Gerland ?

Alain Caveglia (formé à l’OL et joueur pro à Lyon de 1996 à janvier 2000) : Je pense immédiatement au match contre Bologne (quart de finale de Coupe Uefa 1999). C’est l’une des premières grosses ambiances européennes à Gerland, c’était vraiment le feu. Ça nous a transcendés et on a failli rattraper notre retard en menant 2-0 à la mi-temps (0-3 ; 2-0).

Sidney Govou (formé à l’OL et joueur pro à Lyon de janvier 2000 à 2010) : A titre personnel, j’ai forcément une émotion particulière concernant le match du Bayern Munich (3-0 en 2001 avec un doublé de sa part). J’ai aussi en tête le soir du premier titre face à Lens (3-1 en 2002), le 7-2 contre le Werder Brême (en 2005), la victoire (5-0) contre Prague (en 2004) avec pas mal de jeunes sur le terrain et un but de Sylvain Idangar ou encore le derby remporté avec les cheveux teints en rouge et bleu (en 2006).

Jean-Marc Chanelet (joueur pro à Lyon de 2000 à 2003) : La première grosse émotion reste quand notre fameux Sidney s’est mis en lumière face au Bayern. Puis il y a eu cet envahissement du terrain le soir du premier titre contre Lens. C’était un moment très très fort, d’autant qu’on sentait l’effervescence de toute la ville avant ce rendez-vous.

L’ambiance de Gerland par rapport aux autres grands stades ?

Alain Caveglia : On a toujours beaucoup parlé de l’ambiance à Marseille, Paris, Saint-Etienne et Lens mais les supporters lyonnais n’ont rien à leur envier.

Sidney Govou : Ce n’est pas évident de comparer les stades même si j’ai surtout été marqué par nos matchs à Glasgow (face au Celtic et aux Rangers). Je me souviens que l’ambiance à Lyon est peu à peu devenue égale à chaque soirée, quel que soit l’adversaire. Lors de mes premières saisons, Gerland vibrait moins mais on a tous progressé main dans la main, joueurs comme supporters.

Jean-Marc Chanelet : Gerland est un bon public de connaisseurs. Même si en termes de décibels, le Vélodrome à Marseille reste le stade le plus impressionnant que j’ai connu, il y a toujours eu une belle ambiance entre les deux virages de Gerland.

Leur envie de participer à cette soirée revival samedi ?

Alain Caveglia : Ça m’embête vraiment beaucoup de ne pas pouvoir être là mais la vie professionnelle passe avant tout (Caen accueille Lille samedi à 20 heures). J’ai toujours été proche des supporters qui se reconnaissaient en moi, pur lyonnais de Vénissieux.

Sidney Govou : C’était important pour le club et les supporters qu’on en soit. On fait partie de l’histoire de Gerland et ce sera un plaisir de revoir tout le monde, et de découvrir comment les gens ont vieilli. Je ne suis pas hyper émotif mais on va avoir pas mal de souvenirs en foulant le terrain.

Jean-Marc Chanelet : Je suis bien content que le club m’ait invité pour ce flash-back. Les anecdotes vont rejaillir samedi en retrouvant ceux qui étaient au départ de cette belle aventure. C’est sûr qu’on va se rappeler du premier titre une fois sur la pelouse. Je serai notamment ravi de revoir Juni, à la fois un grand joueur et un grand homme.

Une déchirure selon eux de voir l’OL quitter Gerland ?

Alain Caveglia : J’ai toujours considéré Gerland comme mon jardin. J’y avais mes repères. Mon côté nostalgique me pousse à penser qu’il aurait été mieux d’agrandir cette enceinte. Je regrette donc un peu la construction du Grand Stade, même si l’OL avait besoin d’un changement de dimension.

Sidney Govou : Non, ça ne m’embête pas du tout. Je trouve ça très bien de voir arriver un stade ayant l’identité du club. Selon moi, l’ambiance sera forcément meilleure dans le Grand Stade.

Jean-Marc Chanelet : La construction du Grand Stade était logique pour l’évolution du club. Il n’est pas facile de quitter un lieu ayant vécu beaucoup d’émotions fortes mais il fallait à l’OL un stade plus grand et plus moderne pour être digne des Grands d'Europe.