On a coutume de dire que l'« habit ne fait pas le moine » mais qu'« il y contribue ». Un adage que connaît bien l’association Cravate Solidaire, lancée à Paris il y a trois ans, par trois étudiants en école de commerce. Aujourd’hui, cette dernière s’apprête à ouvrir une antenne sur Lyon afin de proposer ses services.

Le principe est le suivant : il s’agit de récupérer les tenues de cadres, désireux de s’offrir une nouvelle garde-robe, et d’en faire profiter des demandeurs d’emploi sur le point de décrocher un entretien d’embauche. « Cela va de la cravate aux chaussures, du tailleur au foulard », précise Mélissa Jbara, de la Cravate Solidaire.

Les magasins de prêt-à-porter jouent également le jeu

Si les vêtements provenaient essentiellement de dons de particuliers au départ, les collectes se sont élargies au fil des années. « De plus en plus d’entreprises du secteur textile ou des magasins de prêt-à-porter nous font parvenir des invendus ou des fins de séries », indique la jeune femme.

« On met également en place des collectes ponctuelles dans certaines entreprises. Les salariés sont invités à déposer leurs vêtements pendant une période définie. A la fin, on organise une pesée symbolique au cours de laquelle le PDG remet symboliquement sa cravate ou son foulard », poursuit Mélissa Jbara. Une façon de leur donner une seconde vie.

La seule condition : être en recherche active d’emploi

« Nous ne prêtons pas les tenues, nous les donnons », poursuit-elle. Mais pas question de les offrir à n’importe qui pour autant. « La seule condition est d’être en recherche active d’emploi et avoir dans l’idéal, une date d’entretien d’embauche fixée », glisse la jeune femme. Car une fois relookés, les postulants (âgés de 18 à 55 ans) sont coachés par des conseillers en image et des responsables en ressources humaines afin de préparer au mieux leur rendez-vous.

En quête d’un local suffisamment grand pour entreposer les vêtements nécessaires, la Cravate Solidaire pourrait démarrer ses activités entre Rhône et Saône dès le mois de janvier. « Nous avons déjà reçu plusieurs propositions de dons mais nous avons demandé aux gens de les conserver encore quelques semaines, le temps que l’on trouve un local d’au moins 100 mètres carrés », conclut-elle.